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 chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH

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MessageSujet: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 13:27

Anne-Élisabeth de Montault
Feat Margot Robbie
trois cent onze ans † vampire † primogène

DATE & LIEU DE NAISSANCE 28.07.1686, Palais de Versailles, France ; AGE La vingtaine en apparence, 311 ans vampiriques, 330 ans au total ; ORIGINES Françaises, lignée de la Belle-Morte ; CAMP l'Essaim, suit le Maître avec un certain regard critique, cependant ; NOM DU SIRE Inconnu, supposément mort ; DATE DE L'ÉTREINTE 24.02.1705 ; STATUT Primogène ; DISCIPLINE Dissimulation Niv. 4 ; ÉTAT CIVIL Veuve ; LIEU D'HABITATION Une résidence victorienne dans le quartier Résidentiel de Coven Garden. MÉTIER Propriétaire du Faucheur ; CLASSE SOCIALE Royalement riche ; UN MARQUE ? Possède déjà une hérésie, mais pourquoi pas, un jour... ; ÉTIQUETTE Connue pour posséder des bonnes manières, des principes et des valeurs nobles qu'elle inculque à ses infants, on prédit que sa sévérité et sa sagesse forgeront de grands vampires honorables, glorieux et utiles à la société caïnite. Sa puissance est modérée, mais elle sait s'imposer, négocier et manipuler. Son âge avancé la rend potentiellement dangereuse et imprévisible, il est donc préférable de se méfier d'elle, bien qu'elle soit dotée d'un certain self-control. Généralement, elle fait la fierté de ses aînés et est respectée par ses cadets. Pas spécialement crainte, sa présence est plutôt rassurante et ses colères sont aussi inquiétantes qu'elles sont rares.

Identité

✤ Traits de caractères La première chose que l'on remarque chez Lizzie sont ses principes et ses bonnes manières. Parfois un peu désuètes, car datant du XVIIIe siècle, ses manières et sa tenue en société sont irréprochables, et ses valeurs sont particulièrement nobles. D'un calme olympien pour avoir dompté un certain nombre de nouveaux-nés tempétueux, elle reste courtoise et sereine qu'importent les circonstances et la nature de son interlocuteur, bien qu'elle se serve assez souvent de son extrême politesse afin de faire preuve de sarcasme, ou par ironie.
D'un naturel plutôt cynique, elle semble las de tout et adopte un air détaché quel que soit le sujet. En trois siècles d'existence, elle a vu beaucoup de choses, belles et moins belles, ce qui la rend assez peu impressionnable. Si elle ne se soumet donc jamais en terme de rapports de force, un homme d'esprit qui parle bien est capable de la faire taire après un échange d'arguments féroces. Bien qu'elle possède une certaine fierté, c'est sans rancune qu'elle est capable de s'avouer vaincue par les arguments des autres, car savoir se faire sa propre idée en sachant écouter son entourage est une des valeurs qu'elle inculque à ses infants.
Rares, pourtant, sont les hommes d'esprit qui ont su essouffler ses arguments et réduire ses paroles à néant. Elle fait preuve d'un certain charisme qui intrigue, d'une capacité de négociation qui relève de la manipulation, d'une sagesse qui donne aux jeunes l'envie d'apprendre, et d'un vécu qui rend fiers ses aînés et inspire le respect de ses cadets. Comme le requièrent ses fonctions de primogène, elle sait parler, s'imposer, mais ne donne son avis qu'en cas d'extrême nécessité. La plupart du temps, elle est écoutée, car ses conseils sont souvent bons et bien réfléchis. Ils ne sont cependant pas toujours appliqués. Ses ordres, en revanche, sont plus difficiles à ignorer, mais ils sont rarissimes pour qui ne fait pas partie de ses infants.
Maternelle, elle est particulièrement appréciée des nouveaux-nés qu'elle choie et à qui elle donne sa protection. La déshonorer serait un outrage à toutes les mères du monde. Son courroux est redouté, parce qu'elle est bien souvent aimée. On redoute ses colères comme on redoute celles d'une mère. Des colères rares, souvent silencieuses et oppressantes, mais des colères pleines d'amour. Sa présence est plus souvent rassurante qu'inquiétante, mais son âge lui accorde une certaine puissance, et sa race un taux d'imprévisibilité dont les mortels se méfient.
Constamment en train de lutter contre la bête en elle, Lizzie tient à respecter ses valeurs et ses principes. Mature et civilisée, l'époque candide où elle laissait son esprit enfantin enchaîner bêtises sur bêtises est révolue, elle ne peut désormais plus se permettre de telles sottises et ses jeunes années la font à la fois sourire et rougir.
Élégante et raffinée, elle, qui était autrefois belliqueuse et mauvaise comme la peste, abhorre la violence et ne se bat plus depuis des siècles, si bien que ses infants chahutent uniquement lorsqu'elle a le dos tourné et, en sa présence, ne se disputent qu'avec subtilité. Les travaux guerriers sont les seuls capables de prétexter la violence, à ses yeux, car elle trouve honorable et courageux de se battre pour une noble cause, une patrie, un roi, ou, éventuellement, pour les beaux yeux d'une femme, et non par orgueil, afin de venger un ego démesuré.
Si elle ne doit sa puissance qu'à son âge avancé, et si cette même puissance reste assez modérée, l'habileté avec laquelle ses aînés lui ont appris à manier les mots rend ses paroles redoutables. Habituellement pacifique, elle n'a cependant ni besoin d'argent brûlant, ni besoin de tâcher ses mains de sang afin de torturer ses pairs, sa langue lui suffit, et le venin qu'elle crache s'avère particulièrement douloureux. Fine psychologue, elle fut elle-même si souvent manipulée que l'art de la manipulation n'a désormais plus aucun secret pour elle, et l'avantage de se battre en prose, c'est que les blessures de ses victimes, purement psychiques, ne laissent aucune trace sur leurs corps.
Elle a cependant gardé quelques traces de cette époque où elle semblait indomptable, son caractère entêté, et sa réticence face aux ordres, notamment. Il est, en effet, particulièrement difficile de la faire changer d'avis lorsqu'elle a une idée en tête, et elle est facilement indignée par les goujats qui auraient la prétention de s'octroyer le droit d'assujettir leur entourage. Fière, elle ne doit rien à personne et sa patience a des limites. Elle ne se prive jamais de remettre à sa place un vampire indélicat, toujours avec une grande noblesse et un certain respect.
En raison de sa lignée, Lizzie a un certain goût pour la séduction. Des attendrissants yeux de biche aux gestes des plus explicites, la demoiselle aime plaire, et faire tourner les têtes, plus encore lorsque ses charmes lui permettent de parvenir à ses fins. Elle se révèle alors être particulièrement joueuse et espiègle, traits de caractère qu'elle parvient souvent à masquer dans un environnement formel, lorsque le temps n'est pas aux plaisanteries et qu'il lui faut être sérieuse, mais qui lui collent à la peau depuis le premier jour.

✤ Occupation nocturne Lizzie accorde énormément de temps à l'éducation de ses infants, et ce qu'importe leur âge. Bien que plus laxiste envers les plus vieux, elle considère qu'il n'est jamais trop tard pour forger leurs caractères et pour leur inculquer des valeurs supplémentaires. Elle apprécie particulièrement passer du temps avec eux, partager une activité ou un loisir communs, échanger de longues et interminables discussions sur des sujets profonds, ou simplement rester là, à les regarder s'épanouir et s'éloigner toujours plus loin d'elle.
Propriétaire du Faucheur, elle ne le gère que très rarement, ayant confié le soin de la gérance à son deuxième né, mais elle y passe souvent, lorsqu'elle se trouve à proximité, pour le simple plaisir de saluer les clients réguliers, discuter avec eux des dernières nouvelles et gronder ses plus jeunes infants lorsqu'ils descendent les escaliers en glissant sur la rampe.
En tant que primogène, il est également fréquent de la trouver à l'Elysium où elle est régulièrement convoquée et où elle travaille, en compagnie de l'aîné de ses infants, également son mandataire. Il est cependant déconseillé de la déranger lorsqu'elle est occupée. Au mieux, elle risque d'à peine remarquer qu'un ingénu lui adresse la parole, au pire, elle pourrait se montrer hostile, voire agressive, et chasser les éléments perturbateurs qui compromettent l'efficacité de son travail.
De la lignée de la Belle-Morte, Lizzie a un certain goût et talent pour toutes les différentes formes d'art. A la fois mélomane et véritable petit Picasso, ses trois siècles d'existence lui ont permis de bien souvent s'ennuyer, et d'avoir eu l'occasion d'entraîner ses petites mains habiles au maniement d'un pinceau et de plusieurs instruments, notamment le piano et le violon. Également sensible à l'art littéraire, sa mémoire est une véritable bibliothèque, bien que certains livres soient rangés plus loin que d'autres.
Il est cependant particulièrement rare de trouver la demoiselle de Montault dans les bars à vampires et dans les endroits principalement fréquentés par les humains. Ayant plusieurs calices sous son toit ou à qui elle rend visite lorsqu'elle a faim, elle n'a jamais réellement eu besoin de chasser pour se nourrir, et, ayant un certain mal à contrôler sa force, être contrainte de faire preuve de douceur à l'égard des mortels la fatigue. Elle a tendance à les fuir comme la peste.
Elle passe néanmoins le plus clair de son temps dans son manoir, en compagnie de ses infants et de son hérésie, et y trouve souvent beaucoup de choses à faire. Ses visiteurs sont généralement bien accueillis, à moins qu'il ne s'agisse réellement de visiteurs indésirables, et ses jeunes infants ont beau avoir encore l'espièglerie des nouveaux-nés, leur éducation fait d'eux des hôtes exemplaires. Les séjours dans la résidence de Montault sont souvent particulièrement agréables.
Son goût pour le jeu l'incite d'ailleurs bien souvent à participer aux réceptions que ses compères caïnites organisent, et même à recevoir elle-même des invités dans sa demeure. Elle sait comment organiser une cérémonie digne de ce nom et comment faire en sorte que ses infants se conduisent en parfaits gentlemen toute une nuit. Elle est souvent particulièrement fière de ses soirées mondaines, où les vampires les plus joueurs apprécient se rendre, et où, ses invités comptant bien souvent des vampires influents, les plus ambitieux profitent souvent de l'occasion afin de se faire un nom dans les hautes sphères de la société vampirique.

✤ Manies, habitudes & goûts Si elle est réputée pour être intransigeante envers ses infants et ne laisser passer aucune de leurs bavures, c'est également une véritable mère poule, et elle a la manie de les réveiller au crépuscule en assaillant leurs cous de baisers rouge carmins.
Ayant subit l'étreinte alors qu'elle était en train de mourir de maladie, elle a un petit faible pour le sang d'humain malade et sous antibiotiques, même s'il ne s'agit que d'un simple rhume. Elle a également une petite préférence pour le groupe sanguin B- et pour les humains ayant un taux de sucres dans le sang assez élevé.
Étant née dans le luxe et la richesse, elle a un goût prononcé pour les belles choses, les bijoux étincelants et les objets luxueux. Ses vêtements et accessoires sont bien souvent hors de prix, mais elle tient également à ce que les produits en sa possession soient d'une qualité incontestable. Elle apprécie bénéficier d'un certain confort.
Elle a la manie de toujours essuyer bien soigneusement le cou des humains qu'elle mord, avant et après la morsure. Cette petite attention plutôt respectueuse en a fait rire plus d'un, mais ses calices ont fini par s'y habituer.
Son aversion naturelle pour les lycans s'étend également sur les métamorphes et les véritables animaux canins. Plus une sorte de dégoût inexpliqué qu'une véritable peur ou haine, tout ce qui grogne, bave et aboie lui arrache une grimace, jusqu'au plus adorable petit chien.
Elle ne l'avouera sans doute jamais, mais elle adore passer ses soirées à paresser dans ses draps, même une fois le soleil couché. Malheureusement, elle est bien souvent trop occupée pour s'autoriser de trop longs moments de fainéantise, et son hérésie parvient toujours à trouver un moyen de la faire sortir du lit.
Pratiquement imbattable aux échecs, c'est un loisir qu'elle affectionne particulièrement car il lui a été enseigné par l'un des vampires qui ont fait son éducation. Ce même vampire lui a également appris la valse et le latin.
Elle a une peur bleue des voitures, plus encore du bruit de leurs klaxons, ses oreilles étant particulièrement sensibles. Elle n'est également toujours pas habituée au fait que les humains puissent voler, et le bruit des avions parvient encore à la surprendre.
Depuis sa naissance, et même du temps où ses joues étaient roses et où ses organes servaient à quelque chose, Lizzie a énormément de mal à avaler les « non » fermes et cinglants. Manipulation, séduction, négociation voire chantage ou menaces, elle parviendra toujours à trouver un moyen de troquer ses grands « non » pour un petit « bon, d'accord... »
Étant également contrainte d'assouvir l'Ardeur en plus de sa soif, ses calices sont essentiellement des hommes, tout comme la majorité de ses infants. La seule femelle avec qui Lizzie accepte plus ou moins de partager sa vie est sa dernière-née. Bien qu'elle soit plutôt civilisée, son instinct la rend possessive envers ses hommes, calices ou infants, et bien souvent hostile à l'égard de toute potentielle rivale.
Il lui arrive souvent de disparaître subitement, en pleine conversation, laissant alors son interlocuteur converser dans le vide jusqu'à ce qu'il se rende compte de son départ. Cette manie a le don d'agacer son entourage, elle l'a hérité d'un des anciens l'ayant élevée, et ses infants ont tendance, inconsciemment, à faire de même.

✤ Discipline Cela fait désormais trois siècles que Lizzie expérimente l'art de la Dissimulation, une discipline qui relève plus de l'illusion que d'une véritable capacité à faire disparaître un quelconque objet ou être-vivant. Plus psychique que physique, la demoiselle de Montault a la capacité de duper avec aisance les esprits les plus crédules. Tandis que l’œil voit, la partie du cerveau chargée de traiter l'information visuelle est altérée et, par un habile tour de force, ne parvient plus à remplir correctement sa fonction. Si les quelques rares esprits coriaces parviendront à déceler la supercherie, les plus fragiles en seront incapables. Pire, leurs cerveaux, troublés, pourraient alors, afin de combler le vide, leur envoyer des informations falsifiées.
Plus jeune, Lizzie se servait de cette capacité afin de subtiliser de petits objets. Elle tenta à plusieurs reprises de dissimuler ses grosses bêtises mais la maîtrise encore fragile de son don ne parvenait pas encore à tromper les yeux de ses aînés et elle ne récoltait rien de plus que des paires de claques.
En grandissant, elle parvint à dissimuler des objets de plus en plus imposants. Adossée à une armoire, il lui suffisait d'user de son don sur le meuble afin que son interlocuteur se retrouve dans l'incapacité de déterminer l'objet sur lequel elle était adossée, tandis que les plus naïfs ne remarquaient même pas qu'elle fut adossée contre un quelconque objet.
Au fil des années, elle parvint à dissimuler sa propre présence et, espiègle, s'en servait souvent afin de surprendre ses camarades. Elle en provoqua, des frayeurs, à reparaître subitement aux moments les plus opportuns, à observer ses pairs, figée dans le coin d'une pièce, puis à leur avouer, une fois à nouveau perceptible, n'avoir pas perdu une miette de leur conversation qui se voulait pourtant intime.
Elle finit, plus tard, par être capable de masquer sa présence tout en étant pourtant observée, de se rendre invisible. Cette capacité peu subtile ayant à plusieurs reprise suscité un sentiment de malaise, voire de panique, elle ne préfère l'utiliser désormais qu'en compagnie de personnes averties, et ce bien souvent sous forme de plaisanterie.
Le dernier degré de sa capacité lui permet de prendre l'apparence d'une personne que son interlocuteur s'attend à voir en fonction du contexte. Sans qu'elle n'ait besoin de s'affubler d'un quelconque déguisement, elle devient infirmière au sein d'un hôpital, ou bien soldat au milieu d'une marche militaire.
Il lui suffit simplement de s'engouffrer entre cinq vigiles afin que les passants aient l'impression d'en voir six. Et quand bien même ils les inspecteraient sous toutes les coutures, les compteraient et les recompteraient, ils ne remarqueraient jamais le sixième imposteur. Lizzie n'est cependant pas consciente de l'apparence empruntée lorsqu'elle active son don dans telle ou telle circonstance.

✤ Convictions Lizzie nourrit une certaine rancœur envers sa propre race concernant la Révélation. Tout d'abord ravie de pouvoir être fière de sa descendance humaine et de sa descendance vampirique sans avoir à les cacher les uns des autres, les tensions entre les vampires et les humains, et les meurtres masqués en accidents qui en découlaient, ont cependant jeté un froid.
Pour venger la mort de certains de leurs compères, morts de la main des humains, des vampires renégats se sont attaqué à ce qu'il lui restait de descendance humaine, altérant sa vision des choses.
Elle s'est mise à considérer que tout être se révélant plus faible que les vampires doit éviter de cohabiter avec eux pour sa propre sécurité, et que l'entente entre les vampires et les humains ne doit pas aller au delà d'un but essentiellement nutritif. Elle évite généralement de se mêler aux mortels lorsqu'elle n'a pas faim et en veut à sa race de s'être dévoilée au grand jour, précipitant la mort des personnes qui la rattachaient encore au monde des mortels.

✤ Signes particuliers Chez elle, trop de nervosité déclenche un tic au niveau de ses clignements d'yeux. Il lui suffit cependant de décompresser pour que ce tic de paupières s'apaise. Elle a également la manie inconsciente de mordre ses joues lorsqu'elle ment.
Elle semble avoir besoin de choyer ses infants et de les savoir heureux et parfaitement fonctionnels. Bien qu'elle leur remonte souvent les bretelles lorsqu'ils sont nouveaux-nés, elle leur laisse plus de liberté par la suite, mais elle aime également les garder près d'elle. Elle mourrait pour eux.
Abandonnée par son sire, elle garde un petit handicap de ce traumatisme : une certaine difficulté à contrôler sa force. Si cette particularité ne pose aucun problème au sein de la communauté vampirique, il lui est très souvent arrivé de se montrer un peu trop brutale avec les mortels, et de les blesser involontairement.
Durant ses années d'enfermement, les chaînes d'argent qui l'empêchaient de s'échapper ont laissé des traces de brûlure sur sa peau. Des cicatrices sont toujours visibles à certains endroits mais sa capacité de régénération les masque peu à peu. Le traumatisme, en revanche, est indélébile.
Elle est constamment accompagnée par son hérésie. Il lui arrive également souvent d'être suivie par un ou deux de ses infants, notamment la plus jeune, bien qu'à l'Elysium, elle soit aussi bien souvent accompagnée de son aîné. Parfois, il arrive que certains de ses calices l'escortent comme majordomes en échange de son hospitalité.


story of your

1686 – Tu as vu le jour l'aube d'un 28 Juillet entre les bras fortifiés du colossal palais de Versailles, et tes incessants hurlements chérubins firent bien vite trembler ses murs fraîchement érigés, assurant, par la même occasion, domestiques, nobles et princes de sang, de ta bonne santé.

Il fut convenu que tu sois, comme il était de coutume au sein de l'aristocratie et de la bourgeoisie de ton siècle, élevée en campagne, par une nourrice, durant les trois premières années de ta vie, aux côtés de ton frère et de votre frère de lait. Une maladie infantile emporta cependant ce-dernier et précipita votre retour au palais, peu de temps après ton deuxième anniversaire. Tous deux contaminés, vous parvîntes finalement à vous en sortir grâce aux bons soins de l'un des médecins du Roi.

Versailles tout entier eu bien des doutes sur ta naissance. Dans les couloirs du palais, il était fréquent d'entendre des rumeurs te supposant fille illégitime du Roi. Si personne ne démentit ces paroles, personne ne su les confirmer, ta mère se mura dans un silence de glace, s'exilant avec ses domestiques dans sa maison de campagne bordelaise, et le Roi lui-même ne te reconnut jamais parmi sa descendance légitime et légitimée.

Tu ne vis tes parents qu'à de rares occasions et vos quelques échanges se limitèrent à des coups d’œil furtifs et des civilités formelles et protocolaires, une courbette de ton frère, une révérence de ta part, des salutations cérémonieuses qui vous ennuyaient plus qu'autre chose, vous sentiez le peu d'intérêt que vos parents vous portaient et les saluer n'était pour vous qu'une corvée de plus. Élevés sévèrement par vos gouvernantes respectives et vos nombreux domestiques, vous accordiez davantage de respect à leur égard qu'à celui de vos géniteurs.

Ta petite enfance demeura, malgré l'absence de tes parents, une époque douce et bucolique, une bulle d'innocence et de tendresse où l'on t'avait blottie avec amour dans le bien-être le plus total. Tu étais l'adorable chérubin aux énormes joues roses, à la peau diaphane, aux cheveux blonds comme les blés et aux grands yeux d'azur, l'irrésistible bébé potelé emmitouflé dans des robes immaculés et dans des draps de dentelles, que les artistes aiment peindre et écrire, et avec qui les dames de la Cour aiment jouer.

Tu passais ton temps dans les bras de ces dames qui participaient pour le plaisir à ton éducation, te choyaient, aimaient entendre ton rire et plus encore le provoquer, te faisaient la lecture, claquaient d'énormes baisers sur tes joues rebondies, et répétaient ce geste encore et encore, pour que ton rire dure à jamais et que sur tes jouent ne roulent éternellement que des larmes de joie.

L'on appréciait, au château, tes yeux espiègles et rieurs, ta mine mutine qui te donnaient l'air fripon, ton caractère éveillé, ton esprit vif, constamment alerte, et tes grands yeux qui observaient avec attention le monde des adultes. Les petites demoiselles, ravie d'avoir pour elles une poupée de chair et d'os, s'amusaient à te promener dans les jardins, les jeunes garçons cueillaient pour toi les fruits les plus hauts perchés, les dames te chérissaient comme on chérirait le plus précieux des trésors, et les hommes, en passant, prenaient toujours le temps d'effleurer, du bout de leurs doigts gantés, ta chevelure dorée.

Née pour des raisons politiques, si tes parents ne t'aimaient pas, les autres le faisaient à leur place.

1692 – Si, à défaut d'avoir un jour gazouillé gaiement dans les bras de l'un de tes parents, tu passais ton temps dans ceux des dames et des demoiselles, ou bien sur les genoux des hommes et des jeunes garçons, il était surtout fréquent de te trouver nichée dans les robes de ton frère, et ce jusqu'à ce que son passage à l'homme ne vous sépare.

Placé sous la tutelle d'un précepteur tandis que ton éducation était confiée à ta gouvernante et aux dames de la Cour, vous appreniez, chacun de votre côté, le latin, l'anglais, l'italien, la danse, la prière, les bonnes manières et les protocoles, ainsi que l'Histoire, la géographie, la littérature et les mathématiques. Mais à toi, l'on enseignait également l'art de plaire, la musique, l'élégance, la couture, les arts, et à lui, la politique, les relations internationales, l'économie, les sciences et la philosophie.

Lorsque, au détour d'un couloir, des murmures parvenaient à ses oreilles d'enfant, qui te disaient chagrinée, blessée ou atteinte d'inquiétantes quintes de toux, il lui arrivait de braver le courroux de son précepteur et de manquer ses leçons afin de sécher tes larmes, souffler sur tes blessures ou faire baisser ta fièvre.

C'était un garçon tendre et rêveur, qui réfléchissait souvent. Il se demandait ce qu'il faisait là, pourquoi il était né, ce qu'il allait devenir. Il réfléchissait sur ce qu'il était, ange, monstre ou insecte, héros, bourreau ou victime, il se posait des questions sur l'Homme, sur le monde, sur lui-même, sur la vie, sur la mort, sur avant la vie et sur après la mort. Stoïcien, et petit génie de la philosophie, il passait son temps à réfléchir, la tête dans les nuages, sur tout, sur rien.

Si, la plupart du temps, tes compagnes étaient essentiellement féminines, à l'exception de ton frère, il arrivait parfois de te voir gambader au milieu de la gente masculine, les surprenant en pleine réunion dans les salons. Il arrivait également que tu reçoives la visite de tes cousins les plus proches, quatre frères adolescents que ton entourage qualifiait de voyous et de bons à riens, qui étaient la honte de leur père, faisaient pleurer leur mère et étaient bien trop fréquemment soupçonnés dans des affaires d'empoisonnement.

Ces quatre crapules demeuraient, pour des raisons plus qu'évidentes, assez rarement à Versailles, et leurs séjours étaient particulièrement brefs. Ils voyaient cependant en ton père, Lieutenant Général dans l'armée française, celui qu'ils auraient aimé avoir et, s'ils jalousaient ton frère et prenaient un malin plaisir à le lui faire comprendre, ils étaient, avec toi, plus doux que des agneaux et ce depuis que, le jour de ta naissance, ils s'étaient rués sur ton berceau avec autant d'entrain que si tu avais été leur propre enfant.

Certains jours, il t'arrivait également de recevoir la visite du Duc de Montault.
Monsieur le Duc de Montault, à qui tu étais, depuis l'enfance, fiancée...

1700 – Tu lui avais si souvent fait confiance. Comment pouvait-il oser, lui qui, dix ans auparavant, te prenait sur ses genoux du haut de ses onze ans, complimentait tes belles robes et tes jolis souliers, te portait pour que tu puisses cueillir les fruits des orangers, et courait embrasser ton front dès l'instant où tu pointais le bout de ton nez dans l’entrebâillement des portes bien souvent trop lourdes pour toi. Tant de fois, il s'était penché à ton oreille pour te murmurer Je ne les laisserai pas nous marier, et ces quelques mots t'avaient tant rassuré.

Il est parti, un jour, sans que les adultes ne l'aient laissé te dire au revoir, et lorsqu'il est revenu, il avait changé, grandi, mué. En t'épousant, il brisa les rebelles promesses qu'il te glissait au coin de l'oreille, à l'ombre des saules pleureurs, lorsqu'il n'avait que dix ans, lorsqu'il était un enfant plein de vitalité, insoumis et fougueux, que nul n'était capable de taire.

Tu te demandes encore par quelles belles paroles a-t-on pu ensorceler ce charmant garçon afin qu'il devienne bourreau, insensible au point de ne plus remarquer les larmes qu'il a pourtant tant de fois essuyé.

Lorsque tu tentais de lui rappeler ces instants passés, tes paroles semblaient poignarder son cœur. Il te répondait J'ai changé c'était bien le problème, Vous n'êtes qu'une enfant raison de plus, Grandissez un peu jamais dans tes rêves les plus fous Vous ne voulez donc pas de moi? c'est plus compliqué que ça. Ces paroles glaçantes, ce n'était pas lui qui les crachait. Il semblait les avoir apprises par cœur et les réciter sans conviction. A cette époque, tu aurais tué les précepteurs qui avaient osé transformer ton insaisissable ami en pantin docile et injuste.

Ton époux ne te demandait pourtant pas grand chose, qu'un fils grand et robuste de qui être fier et à qui donner son nom. Mais ton corps juvénile, du haut de tes quatorze ans, n'était pas prêt à mettre au monde même le plus fébrile des enfants. Tu enchaînais les fausses couches, et les dames de la Cour, au château, murmuraient [...] Madame la Duchesse est stérile [...], lorsque tu passais. Tu continuais ton chemin, ou tu te retournais, parfois, et l'on pouvait deviner, à la moue qu'affichait ton visage poupin, que tu n'étais pas même certaine de bien comprendre ce mot.

Tu ne parvins qu'à lui donner un fils, à l'aube de tes dix-neuf ans, né prématurément, faible, coquet et trouillard comme une fille. Véritable terreur des nourrices, il était plus frêle encore que les fillettes de son âge, pleurait constamment et mangeait peu. Mais il était ton seul fils.

1705 – Ton frère avait beau être un homme, il n'était pas de ceux qui t'intimidaient lorsque tu traversais les couloirs du château, ni de ceux qui promenaient leurs mains sur tes épaules dénudées lorsque tu te reposais dans les jardins, berçant dans tes bras l'un de tes cousins encore bambin et faisant la lecture aux petites demoiselles.

Ton frère était un rêveur, un penseur, un philosophe. Son corps était bien là, mais il n'était jamais vraiment présent. Les gens simples d'esprit le prenaient pour un marginal, toi, tu aimais juste l'écouter penser. Il t'apprenait beaucoup de choses, et te faisait souvent réfléchir. Vous étiez ces enfants qui se posent des questions jusqu'à s'essouffler, jusqu'à s'épuiser, jusqu'à en mourir.

Mourir, vous l'avez fait. Une fois. Quelques jours après la naissance de ton fils, alors que tu es encore affaiblie par l'accouchement, la phtisie vous ronge tous deux, toi et ton frère, vous cloue au lit, ta chambre à quelques portes de la sienne. Sa toux faisait écho à la tienne et la lente agonie de vos poumons résonnait dans le couloir qui vous séparait.

Votre tendre mère, peinée de voir ainsi, au seuil de la mort, son unique fils et son unique fille, était fraîchement rentrée de Bordeaux dans le simple but de demeurer à votre chevet. Ni lui, ni toi, ne lui témoignèrent la moindre once de reconnaissance : si personne ne vous l'avait dit, vous n'auriez jamais su qu'elle fut votre mère.

Son visage vous était inconnu, et, après toutes ces années d'indifférence, il eut fallut lui annoncer que les enfants engendrés pour des raisons purement politiques, qu'elle n'avait ni nourri, ni bercé, ni aimé, se trouvaient à deux doigts d'êtres fauchés par la Mort, pour qu'un brin de culpabilité ne vienne tourmenter son esprit. Un seul et unique être fut touché par son chagrin, et révolté par votre ingratitude et votre rancune typiquement humaines.

De ta mort, tu te souviens peu de choses. De longues journées, de longues semaines, et de longs mois d'agonie, durant lesquels ta santé s'améliorait quelques jours avant de rechuter quelques semaines. La dernière chute fut fatale, et tes derniers jours furent particulièrement flous. Fiévreuse, tu étouffais entre deux crachats sanglants lorsqu'un jour, tu ne sais vraiment quand, le sang dans ta bouche ne te sembla, pour une fois, pas le tien. A l'agonie, ta vue brouillée ne te permit pas de garder la moindre trace ni de l'étreinte, ni du visage de ton mystérieux sire.

Versailles tout entier était en deuil, pleurant encore la mort de deux de ses enfants lorsque tu t'es réveillée. D'insoutenables crampes vrillaient ton estomac afin de te pousser à entamer ton premier festin, ce que tu fis sans même chercher à comprendre dès l'instant où tu retrouvas ton frère. Nobles, domestiques, courtisanes, vous dévoriez la Cour entière sans discrimination, tous fléchissaient sous vos crocs pour peu qu'ils aient le malheur de se trouver sur votre chemin...jusqu'à votre propre mère. Alors que ton frère la vidait de son sang, elle se mordait les doigts d'avoir engendré de pareils monstres, et priait le bon Dieu qu'il lui pardonne votre naissance.

1707 – Tu croupis durant cinq longues années, entravée par des chaînes brûlantes qui blessaient ton corps immortel et y laissaient des traces, des cicatrices que tu traînes encore aujourd'hui. D'indélébiles blessures qui te rappellent cruellement cette prison aux murs froids et humides, cet inexplicable sentiment d'abandon, ce mal-être, cette infinie tristesse, ce nom inconnu que tu aurais voulu crier, cette personne que tu aurais voulu appeler. Tu criais à l'aide, et tu pleurais ton frère.

Ton frère. Tu les avaient vus empoigner ses beaux cheveux, tenter de retenir, de maîtriser la bête enragée qu'il était devenu. Dix hommes contre un seul qui n'était plus tout à fait homme, ils avaient brûlé sa peau diaphane de leurs bijoux en argent, ignorant ses cris de douleur et les larmes sur ses joues. Puis ils avaient tué, exécuté sans remord, cet enfant qu'ils berçaient sur leurs genoux vingt ans plus tôt. Ton pauvre frère, ton cher frère tendre et rêveur, qui de son vivant osait à peine toucher son épouse et n'aurait jamais écrasé la plus vilaine des araignées, fut tué comme on écrase un insecte nuisible, et laissé là, sans pleurs et sans tombeau.

Parfois, il leur prenait l'envie de te balancer un condamné à mort. Ta tristesse laissait alors place à la faim qui déchirait tes entrailles et tu séchais tes larmes pour ne faire qu'une bouchée du pauvre petit être tremblotant que l'on te jetait en pâture comme on nourrissait les lions. Puis ils te laissaient avec les os, et ne revenaient te nourrir qu'au procès suivant. Ils ne se pressaient jamais, ils te savaient immortelle.

Tu ne sus jamais réellement pourquoi ils t'avaient gardée en vie. Par morale, peut-être, parce qu'on ne tue pas une femme, encore moins lorsque le sang de la noblesse coule dans ses veines ; pour des valeurs religieuses, sans doutes, car nul ne peut s'octroyer le droit de mettre fin aux jours d'une créature de Dieu -bien que tu ressemblais davantage à une créature du Diable qu'à une entité divine- ; ou bien peut-être que les rumeurs te présentant comme étant la fille illégitime du roi t'avaient sauvé.

Mais à la mort de ton probable père, il était décidé, par un accord tacite, que, fille de roi, de prince ou de rien, l'abomination que tu étais serait mise à mort. S'il fallait, pour sauver l'honneur de Versailles, souiller les murs du château du sang de la fille d'un roi, nul n'hésiterait à séparer ton corps et ta tête, et à embraser ton linceul de feu. Tu étais le monstre des cachots du palais de Versailles, la demi-légende qui effrayait les enfants, mais dont personne n'était capable de confirmer la véracité. Ceux qui savaient avaient pour ordre de se taire. S'ils parlaient, ils étaient tués.

Ton fils savait. Il était le seul enfant du palais à savoir. Mais il était également le seul enfant du palais à qui tu aurais souhaité l'ignorance. On te l'amenait souvent, comme une douce torture, pour qu'il sache quel monstre était sa mère, pour que ces images traumatisantes restent gravées dans son crâne, sous ses belles boucles blondes, et pour qu'il apprenne à te haïr du plus profond de son âme. On lui répétait que la cause de tous ses malheurs, de tous ses chagrins, de toutes ses souffrances, c'était toi. Et le pire, c'est qu'ils avaient raison.

Mais quand bien même il te crachait au visage, du haut de ses quatre ans, il était le plus beau de tous, avec ses longs cheveux dorés qui bouclaient sur ses épaules, son regard d'azur qu'il avait hérité de toi et son teint de lait, lisse et doux comme une peau de pêche. Il était faible et petit, tu l'avais fait ainsi, et il avait l'air d'une fille, emmitouflé dans sa robe de dentelle, avec son visage rond, ses énormes joues roses et ses lèvres rouges.

Appelé Monsieur le Marquis de Montault, futur Duc de Montault, plus qu'un fils de Duc et un hypothétique petit-fils de roi, il était ton Prince, ton Roi, lorsque ses visites tombaient à un moment où tu étais repue, et où tu étais capable voir en lui ton enfant, et non un potentiel repas.

1710 – Lorsqu'ils sont venus te sauver, tu étais dans un piteux état, et les cinq longues années passées enchaînée dans un cachot humide avaient particulièrement altéré ta santé psychique... Tu n'avais jamais autant aimé la peine de mort, elle te permettait de ne pas être assez affamée pour sombrer dans la Torpeur, mais les malheureux condamnés se faisaient tout de même assez rare pour que ton estomac gronde perpétuellement.

L'absence de ton sire avait creusé un trou béant dans ta poitrine et un vide que tu avais pensé irrémédiable, et tes premières années vampiriques furent un cauchemar traumatisant qui entailla ton âme de profondes cicatrices.

Durant ces années d'enfermement, perdue et effroyablement seule, tu t'étais tant questionnée sur le monstre que tu étais devenue, tu avais souffert d'incompréhension jusqu'à supplier ton propre fils, minuscule et impuissant face à ta Bête, de t'achever de ses petites mains innocentes, de tâcher ses habits blancs du sang de sa mère comme ton frère l'avait fait quelques années avant lui. Et quand bien même il te haïssait de tout son petit être comme on lui avait apprit à le faire, il n'aurait jamais pu te faire de mal, pas même avec ses épées en bois.

Entre ses sanglots, tu lui murmurais, ta voix résonnant en écho dans ta prison Je vois. Ce n'est rien. Ce n'est pas grave. Calme-toi. Ce n'était qu'un humain, lui, après tout. Petit, lâche, faible et malade, constamment fiévreux et agité d'interminables quintes de toux qui rendaient sa respiration haletante, difficile. Comme tous ses frères et sœurs avant lui, il mourrait. Tu étais certaine qu'il n'atteindrait jamais l'âge de huit ans.

Lorsque tu fus enfin sauvée, hors de danger, libérée de tes chaînes et de ton cachot, et lorsque tu pus enfin sentir l'air frais et pur d'une nuit d'Août pleine d'étoiles caresser tes joues et souffler dans tes cheveux, tu appris enfin ce que tu étais devenue, et ces mots sonnèrent comme une sentence. Ton impulsivité de nouvelle-née te fit entrer dans une colère noire à l'encontre de ton sire, et tu te mis à lui reprocher ton enfermement, ta souffrance, ton incompréhension, et par dessus tout, la haine de ton fils à ton égard, toi, sa mère, qui avait supporté tant de grossesses déchirantes, essuyé tant de fausses-couches, bercé tant d'enfants mort-nés et hurlé toute une nuit pour enfin lui donner la vie.

C'était de sa faute, et de la faute de toute son espèce. Alors tu commenças, le cœur plein de rage, le corps plein de fougue et les yeux pleins de larmes, à faire payer le prix de ton malheur à tes semblables. Tu étais cette petite peste colérique et capricieuse, qui tenait tête à ses aînés sans même sourciller, qui osait cracher sur leurs belles chaussures et se rebeller quand venait l'heure de dormir, mais qui finissait par s'écrouler dans leurs bras comme une enfant, au petit jour.

1734 – Impétueuse et pleine de hargne, tu résistas à un certain nombre de paires de claques et de coups de pieds de la part de tes aînés, qui firent ton éducation chacun à leur tour et que tu voyais plus comme des bourreaux que comme des mentors dignes de ton respect. Tu ne manquais aucune bêtise, aucune occasion de faire du mal, de fuguer, de manquer de respect, de détruire le cœur de tes proches avec tes vilaines paroles venimeuses.

Tu en as fait pleurer de rage, des nouveaux-nés de ton âge, en leur crachant au visage tes mots aussi tranchants que tes crocs, des mots méticuleusement choisis, avec tact et finesse comme tu en avais le secret, lancés avec tout le mépris que tu pouvais avoir dans la gorge, de façon à ce qu'ils soient les plus douloureux possibles. Comme des poignards en plein cœur. Les vampires de ton âge te craignaient, non pas pour ta puissance, mais pour tes mots et ce que tu en faisais. Tu arrivais à les blesser juste en ouvrant la bouche.

Tu étais la petite teigne espiègle et sanguinaire qui gambadait innocemment dans l'Elysium, tâchant les murs de tes mains pleines de sang, petite rose bourrée d'épines et constamment fourrée dans les pattes de tes aînés pour y trouver un peu de l'amour dont tu avais cruellement manqué.

Tu voguais de résidence en résidence, arpentant villes et villages français comme une véritable touriste. Tes aînés se reléguaient à tour de rôle le fardeau de ton éducation, mais ils étaient tous bien vite agacés par tes colères orageuses et tes fugues à répétition, las de te répéter, à l'aube, alors que tu rentrais couverte de sang D'où viens-tu comme ça, vilaine ? A nous faire de pareils soucis, tu finiras bien par nous tuer, et fatigués de te coller des gifles qui ne te servaient pas de leçon et que tu oubliais aussitôt.

Tes jeunes années furent particulièrement mouvementées, tu avais pour habitude de donner du fil à retordre à tes aînés. Les plus pessimistes baissèrent très vite les bras, te considérant comme une moins que rien vouée à être éternellement inutile à la société vampirique. Les grands trouillards considéraient ton traumatisme comme un handicap incurable, ta puissance naissante et la menace que tu ne transgresses un jour les lois de la Mascarade leur faisaient peur. Mais parmi tes aînés, une petite poignée d'optimistes s'entêtait à croire qu'ils pouvaient faire de toi quelqu'un de grandiose.

1759 – Malgré ta réticence, tu reçus une éducation stricte et exigeante, et bien que tu luttais très souvent afin de toujours avoir le dernier mot, la puissance et le charisme de tes aînés finissait par t'écraser et te soumettre à l'obéissance, contre ton gré. Avec la violence pour seule arme, ils parvenaient seulement à te faire fuir, ventre à terre, en couinant, les yeux mouillés de rage. Mais la peur qui te nouait la gorge nourrissait ta haine à leur égard et aiguisait tes crocs et tes griffes.

Tes aînés les plus vieux, et bien souvent les plus aigris, t'éduquaient avec sévérité comme à la vieille école, t'attrapaient par la gorge lorsque tu n'étais pas sage, te traitaient de mauvaise fille et te rappelaient cruellement que la mort t'attendait si tu ne te résolvais pas à obéir.

Tu en fis des cauchemars, leurs sifflements méprisants hanteront à jamais tes oreilles, et te font frémir de terreur encore aujourd'hui. Leurs menaces s'avéraient cependant être une méthode d'enseignement particulièrement efficace. Si tu les détestais du plus profond de ton cœur et leur souhaitais la mort à l'instant où ils avaient le dos tourné, tu évitais de faire des bêtises lorsqu'ils étaient dans les parages, car leur courroux te terrifiait. Mais en se faisant obéir par la terreur, ils te rendaient plus dangereuse encore...

Lorsque ton insubordination poussa tes vieux et aigris aînés à se débarrasser de toi, concluant un peu trop hâtivement qu'ils n'obtiendraient rien de ta personne, que tu étais un cas désespéré, trop profondément traumatisé, qui ne servira jamais à rien et finira comme ces vauriens de renégats, tes aînés plus jeunes et plus ouverts prirent le relais, avec un optimisme presque naïf et la certitude qu'ils parviendraient à t'apprivoiser.

Et, que cela plaise ou non aux anciens, ils eurent bien raison. Avec douceur, mais fermeté, ils parvinrent à te faire obéir, par amour, cette fois, et non par crainte. La peur qui te nouait la gorge lorsque les anciens élevaient le ton t'empêchait de comprendre qu'au fond de toi, tu les aimais bien plus que tu ne le pensais. Les plus jeunes, avec leurs méthodes plus subtiles, parvinrent, grâce à leurs belles paroles et leur habile maniement des mots, à te faire obéir en douceur.

Très jeune encore, tu juras ne plus jamais te prendre à obéir par peur, mais par conviction. Plus jamais les menaces ne te toucheraient, tu ne te sentais plus contrainte de te soumettre aux individus n'ayant que la violence pour seuls arguments. Et quand bien même tu les aimais, ces anciens aigris aux mains ayant distribué plus de gifles que de caresses, tu leur riais au nez désormais. Ce fut ton premier pas vers la sagesse.

1827 – Tes aînés les plus jeunes développèrent chez toi un certain goût pour la subtilité et la délicatesse, la manipulation douce faite avec tact et sensibilité, si bien que jamais plus la peur et la force ne te contraint d'obéir. Lorsque tu leur tenais tête, tu finissais toujours par baisser les bras après un échange d'arguments terribles qui te faisait accepter le fait d'avoir tort, mais tu pouvais rendre les armes avec fierté, pour avoir combattu jusqu'à la fin. Et tu te mettais à souhaiter qu'un jour, tu serais celle qui aurait raison.

Ce jour là, eux seront devenus des anciens aigris et imperméables aux gestes de tendresse des jeunes, et toi, tu parleras au nom de la sagesse. Ils auront réussi à faire de toi un glorieux vampire. Tu redoutais un peu ce jour où tu n'aurais plus besoin d'eux. Abandonnée pendant trop longtemps, tu n'aimais pas vraiment les adieux...

Alors parfois, pour la forme, pour leur prouver que tu avais encore des choses à apprendre, pour ne pas t'émanciper d'eux un peu trop vite, tu faisais de petites bêtises pour attirer leur attention, te sentir à nouveau comme la tempétueuse nouvelle-née que tu fus, mais que tu n'étais définitivement plus, car la sagesse te gagnait chaque fois que tu acceptais de te soumettre aux règles. Ils devinaient ton insécurité, te prenaient alors dans leurs bras comme on berce un enfant, te prouvaient leur amour et t'assuraient que tu serais pour toujours leur arrogante nouvelle-née, gonflée d'orgueil et mauvaise comme la peste.

Mais ils te disaient aussi qu'ils seraient bien fiers de toi si tu venais, un jour, à te couronner de gloire et de prestige. Ils te disaient Toi, tu es une trop mauvaise fille pour rattraper seule tes erreurs, mais tu engendreras des infants qui, eux, feront de grandes choses. Ils seront ta gloire et feront ton prestige [...]. Et ils te répétaient ces mots avec tant de ferveur que tu finissais par les croire. Ils te faisaient comprendre que tu étais et seras toujours un cas désespéré, à jamais profondément marqué par les chaînes de ton cachot. Ils te disaient que tu n'avais aucune chance de te rattraper, toi, en tant qu'individu, mais que ta descendance redorerait ton nom et serait la seule à pouvoir t'accorder le respect que tu méritais. Tu étais la mauvaise fille destinée à engendrer de bons garçons...

1855 – Parmi les aînés qui t'éduquaient avec douceur, tendresse et subtilité, il y en avait un que tu appréciais tout particulièrement, que tu affectionnais comme un grand-frère et que tu ne lâchais jamais, qu'importe l'endroit où il se rendait, comme un poussin sur les traces de sa mère. Tu l'aurais aveuglément suivi dans un précipice, s'il s'y était jeté.

Jeune vampire, néanmoins bien plus vieux que toi, séduisant et beau-parleur, il avait le don de choisir les mots justes, faculté que tu héritas en l'écoutant inlassablement parler et en l'imitant parfois. Par on ne sait quel miracle, il parvenait à convaincre toute une assemblée, grâce au son de sa voix, grâce aux mots employés, grâce à des tournures de phrases qui relevaient du génie, sans que personne ne se rende compte avoir été dupé.

Son charisme et ses dons de manipulateur lui permettaient d'être capable de vendre du vent à un prix exorbitant, mais il semblait pourtant si tendre et si bon qu'on lui aurait vendu le bon Dieu sans confession. Malhonnête et menteur pathologique, il était cependant loin d'être une bonne personne sous son masque de gendre parfait et tu en fis plusieurs fois les frais. Pour t'avoir élevé, il t'aimait pourtant d'une sincérité dont il faisait rarement preuve et la complexité de son âme te fascinait.

D'une certaine manière, il te faisait bien souvent penser à ton défunt frère que tu as tant pleuré, arraché à tes bras et cruellement conduit à l'échafaud pour des crimes dont il n'était qu'à demi conscient. Ces deux énergumènes que tu affectionnais tant avaient la même complexité d'esprit, mais l'un était doux et rêveur, l'autre malhonnête et d'un réalisme presque cruel. Ils étaient pourtant, dans ton cœur, tous deux tes frères.

Pour fêter tes cent cinquante ans, il eut l'ingénieuse idée de t'offrir un cadeau, que tu considéras bien vite comme un cadeau empoisonné et dont tu fus particulièrement déçue. Une hérésie, monstrueuse et ridiculement faible, encore nourrisson lorsqu'on l'a posé dans tes bras pour la première fois. Ce fut à ce moment, lorsque ton regard couleur des cieux croisa les yeux ténébreux du bébé, que tu te sentis liée à cette petite chose faiblarde et repoussante. Il est à toi, fais-en bon usage, on te l'offrit comme on offre un chien à des petits humains le soir de Noël, et tu fus prise d'une affection débordante de niaiserie comme ces mêmes petits humains face à leur chiot qui n'a pourtant rien demandé à personne.

Tu effaças totalement ce petit être monstrueux de ta mémoire à l'instant même où l'on te le reprit des mains. On te l'avait présenté comme s'il avait été un objet sans grande valeur, un cadeau dont tu pouvais faire ce que tu voulais. Tu savais que l'on ne te gronderait pas si tu finissais par le perdre ou le casser, et tu lui accordais autant d'importance qu'à tes premiers boudoirs.

Dans ta candeur enfantine, tu te disais que c'était ainsi que l'on traitait les hérésies, que c'était quelque chose de normal et que, quand bien même ce manque de considération t'avait choqué, tu ne pourrais rien y faire. Tu as continué de suivre ton éducation vampirique sans même te préoccuper une seule fois de la santé de cette abomination.

Spoiler:
 

Paradis artificiel
CHOIX DANTESQUE inventé P'TI NOM m.behavior RUMEURS on dit que chaque soir de pleine lune, je deviendrais oréovore SÉSAME Validé par Gwen LE VENT D'EST alors il me semble que c'était un partenariat...ou bien peut-être sur un top-site. aucune idée, en vrai. DÉCLARATION le forum est super bien détaillé, et l'ambiance est flippante, c'est génial TROMBINE la belle margot robbie.



Dernière édition par A.-Élisabeth de Montault le 16/12/2015, 20:06, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 13:27

Tu es une panthère dedans, tu es seule maintenant, mais il te faut chasser pour être rassasiée. Dans ta gueule des poignards taquinent tes mâchoires et dans tes yeux l'espoir allume un feu tout noir  
# JEAN-LOUIS AUBERT



1880 – Depuis que tu t'étais, un soir, repue du sang d'un humain au nez pris par un rhume de saison, tu avais trouvé ce met bactérien particulièrement délicieux et, en dépit des railleries et des moues écœurées que provoquaient l'évocation de ton péché-mignon chez tes compères vampiriques, tu pris l'habitude d'errer chaque soir dans les couloirs des hôpitaux.

C'est dans un petit hôpital d'Avignon que tu rencontras Charles. D'abord intriguée par ce mortel qui te sembla différent des autres, par son intelligence et l'intéressante branche dans laquelle il se spécialisait, tu remarquas bien vite une certaine spécificité en ce qui concernait son odeur. Elle te rappelait celle d'un garçon blond ridiculement petit, maladif, pas bien courageux et légèrement efféminé, qui crachait d’impardonnables insultes au visage de celle qui l'avait mis au monde dans le sang et la souffrance.

Tu devinas alors que cet avorton, que tu pensais fragile et mort avant d'avoir atteint l'âge adulte, était devenu, tant bien que mal, un homme, qu'il avait aimé une femme, et qu'il avait à son tour donné la vie. Ce petit Charles, avec qui tu pris l'habitude de converser, c'était le tien... Et cet homme d'esprit que tu avais engendré te rendait chaque seconde plus fière de lui.

Ce petit bonhomme adroit et instruit fut finalement cloué au lit, dans ce même hôpital où il avait étudié, par une mauvaise maladie qui s'avéra incurable. Tu vis défiler, certains soirs, ses frères et ses amis, tous de très bons garçons, sa mère qui te ressemblait un peu, et son père que tu appréciais peu. Ils le quittaient à l'heure ou, toi, tu te réveillais pour lui rendre visite.

Voir ainsi empirer l'état de l'un de tes enfants, jusqu'à clore ses beaux yeux bleus pour la dernière fois, arrivait à te faire bouillir de rage et à faire resurgir en toi l'infante en colère d'avoir été abandonnée. Et tu te disais, pour te donner du courage Je n'abandonnerai pas celui là, sans être réellement certaine que tes promesses à l'enfant agonisant allaient être tenues.

Te voilà donc, toute petite au milieu de l'amphithéâtre qui servait d'Elysium à l'Essaim d'Avignon, une centaine d'yeux te lorgnant et te surplombant avec prestance, si bien que tu te sentais nue face à eu. Tu ne cillas pas. Tu ne montras aucun signe de faiblesse. Ton regard était plus déterminé que jamais, et cette détermination les fit rire, de sincérité ou de mépris. Ça vient de naître, c'est tout petit, faible au point de ressentir de l'amour pour un descendant mortel, et ça veut engendrer un infant. Quelle blague ! Et tu sentais déjà leur désapprobation claquer dans leurs bouches comme un coup de fouet sur tes épaules.

Mais il suffit qu'une seule personne ne se lève, dans la foule, attirant tous les regards sur lui, et non plus sur toi, seule au milieu, te débarrassant de ces insupportables paires d'yeux, pour que chaque membre de l'Essaim remette son avis en question. Certains trouvaient compréhensible ta volonté de sauver ton petit, d'autres considéraient ta requête comme un énième caprice de ta part. Impuissante, tu regardas la foule débattre, les avis diverger, prenant son temps alors que ton adorable petit Charles agonisait dans son lit d'hôpital.

Soudain s'éleva, plus grand que les autres, le Maître d'Avignon -ou peut-être n'était-ce qu'une illusion due à son imposant charisme- sage et tendre, mais sévère, et il énonça, après s'être assuré qu'il ne s'agissait plus d'un vulgaire caprice de ta part, Puisqu'on ne peut arracher un fils à sa mère, et qu'il te devra toujours sa naissance malgré les générations qui vous séparent, [...], et puisqu'il s'agit bien de ton enfant qui souffre et se meurt aujourd'hui, alors qu'il en soit ainsi...

1894 – A la naissance de ton premier infant, tes aînés te firent cadeau d'une villa niçoise dans laquelle tu t'installas afin de faire l'éducation de ton nouveau-né, de lui apprendre à chasser dans les règles et de lui inculquer les normes et les valeurs vampiriques, ainsi que celles que tu considérais comme étant les plus nobles et les plus importantes.

Avec patience et amour, mais également une certaine fermeté, tu lui enseignais les notions d'honneur, de noblesse et de courage, qualités que tu possédais, mais tu lui enseignais également ce que tu n'avais pas la chance d'être, afin qu'il ne connaisse jamais le malheur de reproduire tes erreurs. Il fut, et demeure encore à ce jour, le plus sage et le plus calme de tes infants, un disciple attentif et pas bien contrariant qui avait tendance à assimiler tout ce que tu lui racontais et à hocher la tête pour te faire plaisir. Son extrême stoïcisme t'avait bien souvent inquiété, d'ailleurs.

Il avait seulement quatorze ans lorsque tu sentis cet homme, ton fils aux yeux de l'Humanité comme aux yeux du Kindred, s'émanciper progressivement de toi. C'est ton hérésie, fraîchement marquée, qui, un soir alors que ton infant et toi émergiez de votre sommeil, vint te faire part des derniers potins croustillants avec un certain flegme, comme à son habitude. L'assassinat de sa famille par un médecin niçois retint ton attention. Fait divers pour le moins banal si le pauvre homme n'avait pas tenté de se défendre en accusant une certaine meute de loups humanoïdes.

L'évocation de ces boules de poils que ta nature poussait à exécrer fit s'étirer ton visage en un sourire qui découvrit tes canines, et s'élargit toujours un peu plus lorsque ta fidèle hérésie t'annonça l'internement du petit médecin légiste dans l'hôpital psychiatrique le plus proche.

C'est un homme triste et maigre, faible dans son lit d'hôpital, et en pleine grève de la faim, que tu découvris en lui rendant visite. Les quelques paroles que vous vous échangeâtes te suffirent pour comprendre que tu avais devant toi un homme rêveur et brillant, qui n'avait rien d'un tueur, ni le moindre gramme de cruauté dans les veines.

Il avait seulement été victime d'un jugement trop rapide.

Tu obtins, plus facilement que la fois précédente et sans l'aide de tes aînés, cette fois, le droit de faire de lui ton infant. Tu avais simplement assuré tes pairs qu'il s'agissait d'un homme bon et intelligent, et avais prétexté que nul homme ne méritait de mourir de cette façon, dans le mépris et l'indifférence après avoir été accusé à tort du meurtre des personnes qui lui étaient chères.

Le fait que des lycans aient semblé être les véritables coupables de cette tuerie, et la haine naturelle que nourrissaient les vampires envers ces immondes canidés, fit s'élever une vague de compassion à l'égard du vulgaire mortel qui se laissait mourir dans la cellule de son asile. Ces différents facteurs et la bonne éducation de ton premier infant poussa l'Essaim de Nice à t'accorder la permission de faire de cet infortuné ton second infant.

1902 – C'est avec une certaine surprise que tu constatas tout le bien que l'Étreinte fit à ton deuxième né. Sa femme, ses filles et son chagrin lui semblaient bien loin, et bien qu'il appréciait couronner leurs tombes des plus belles fleurs des jardins de votre villa, son cœur eut bien vite fait de faire le deuil des femmes de sa vie mortelle. Si l'humain qu'il avait été les avait aimées comme un fou, le vampire qu'il était devenu se contentait d'effleurer leurs tombes, de les regretter timidement et d'effacer progressivement leurs rires de sa mémoire.

Léonard fut, et demeure encore, un véritable petit rayon de soleil, un concentré de joie et de bonne humeur, qui parvenait toujours, par ses pitreries, a étirer vos lèvres en un sourire attendri. Il t'amusait, amusait Charles et agaçait ton hérésie, mais il ne resta pas bien longtemps le dernier-né, unique enfant choyé et pouponné de ses aînés.

De tous tes infants, il fut celui à qui il resta le moins d'humanité, et le moins de souvenirs de sa vie et de ses sensations de mortel. Il réagissait intensément à son instinct caïnite, créant un contraste parfois surprenant entre son caractère doux et rêveur, et ses pulsions territoriales et instinctives. Ce fut sûrement pour cette raison qu'il n'accepta jamais complètement son frère adoptif.

L'éducation que tu donnais à tes deux infants et les rumeurs et légendes qui promettaient la gloire à tes garçons attirèrent assez rapidement l'attention du Conseil. Convoquée, tu t'étais timidement présentée, un soir, dans la crainte d'une réprimande comme tu en avais si souvent essuyé, mais qui te serait, cette fois-ci, fatale. Tu parvins difficilement à cacher ta surprise lorsque, loin des railleries que tu t'étais imaginée, tu fus accueillie par des exclamations admiratives et de sincères félicitations. Après un discours hypnotisant dont ton esprit un peu confus ne parvint à saisir que quelques bribes, c'est un petit vampire pas bien vieux que l'on te présenta.

Il était plutôt gauche et gringalet, son allure maladroite te fit rire. Il t'avait semblé si faible et si petit, ce jour là, et l'envie de le protéger plus que tout autre te prit soudain, dans un élan de tendresse. Gabriel. Il portait le nom d'un ange et le visage assorti, un minois constellé de tâches de rousseur et encadré d'une auréole de cheveux indomptables d'un roux flamboyant. Aussi pataud qu'un nourrisson, frêle et visiblement pas bien offensif, il parlait dans un français approximatif et, par son accent, tu le devinas anglais.

Tu as accepté de prendre cet enfant sous ton aile sans trop réfléchir et, après coup, il te fallut tergiverser un certain temps afin de te convaincre de la justesse de ton choix. De tes élucubrations, tu en vins simplement à la conclusion qu'il était là, désormais, et que, par instinct, tu l'avais reconnu comme s'il avait été le tien, ton infant, ton garçon, ton fils, et tu n'aurais laissé personne prétendre le contraire, lui faire du mal, le blesser dans son orgueil, faire couler ses larmes, ou l'arracher à toi.

Ses frères, au contraire, eurent plus de mal à accepter l'anglais comme l'un des leurs. Si l'aîné s'y fit, le second ne parvint jamais à l'intégrer entièrement. Tu remarquais cependant, derrière ses bourdes et l'éternel ton condescendant qu'il empruntait lorsqu'il s'adressait à son frère d'adoption, tous les efforts dont il faisait preuve afin de masquer au mieux sa gêne face à cet individu qui ne lui inspirait définitivement aucune chaleur fraternelle.

1916 – Charles te quitta dans le courant de sa vingtième année, et bien que ton fils prodige fut un jeune vampire assez sage et talentueux pour voler de ses propres ailes, tu tenais tout de même à être en mesure de surveiller du coin de l’œil cet enfant encore trop jeune à tes yeux, et lui promis maintes fois, alors qu'il s'en allait, de rappliquer au moindre problème et de l'aimer à jamais, quoi qu'il arrive.

Tu étais peut-être un peu jalouse, aussi, quelque part dans ton cœur, que ton infant parvienne à devenir en seulement vingt ans, un vampire plus sage encore que ce que tu étais alors que tu avais presque deux siècles. Celui qui incarnait à lui seul ta gloire et ta fierté te quittait, te laissant aussi stupéfaite qu'un vainqueur à qui l'on aurait confisqué le trophée.

Son départ laissa un vide dans votre villa niçoise, dans ton cœur et dans celui de ton deuxième né qui voyait partir son frère plus tôt qu'il ne l'aurait souhaité, le laissant seul avec « l'adopté » comme il le nommait malgré lui, lapsus révélateurs qui trahissaient sa difficulté à considérer l'anglais comme l'un des siens. Et, bien que son instinct territorial le faisait se réjouir d'être seul fils de sang à la maison, le fait de ne plus avoir son frère pour lui seul et de le voir maître de son destin le touchait dans son orgueil. Ton hérésie, quant à lui, remarqua à peine le départ de son jeune maître et continua inlassablement de te rapporter les dernières nouvelles avec un éternel flegme.

Elles se firent malheureusement de plus en plus mauvaise jusqu'à ce que la Première Guerre Mondiale éclate. Les hommes furent appelés au combat et tu quittas quelques temps ta belle villa niçoise pour mieux être au courant de l'avancée de la guerre, dans le mauvais temps du Nord de la France, à Verdun.

Tu t'étais promise de ne pas te mêler à cette guerre, et trouvais d'ailleurs absurde que les mortels tuent encore et toujours leurs frères, depuis ta naissance, et des siècles encore avant que tu ne voies le jour. Au front, près des tranchées, tu rompis la promesse que tu t'étais faite et manquas à plusieurs reprises de briser la Mascarade en protégeant à distance un soldat français d'une vingtaine d'années, dont la noblesse et la pureté t'avaient particulièrement intriguée.

Fascinée par ce cœur incroyablement pur et dévot, qui obéissait à ses supérieurs hiérarchiques sans jamais douter d'eux, qui combattait avec ferveur sans jamais fléchir, qui, lorsque ses blessures lui accordaient quelques jours de repos, t'illuminait de sa pureté et de son bon-sens en seulement quelques paroles échangées, et qui, lorsque tu en vins, un jour, à lui proposer l'Immortalité, refusa par respect envers un Dieu en qui il croyait aveuglément. Il n'y avait, à ses yeux, plus beau cadeau que l'honneur de mourir pour sa nation.

Blessée dans ton orgueil, tu entras dans une colère noire, et ton ami prit peur. Mais sa foi, plus forte encore que ta colère, te blessa grièvement. Rendue incapable de le protéger au combat, et contrainte de te retirer du champ de bataille, il mourut au front durant la bataille de Verdun, comme il l'avait souhaité, courageux et honorable.

Pour sa patrie.

Vexée et déprimée, tu te retiras dans ta vieille bâtisse verdunoise où tu te plongeas dans la Torpeur, mais tu fus réveillée deux ans plus tard, avec la fin de la guerre, par ton instinct qui te poussait à t'occuper de ton deuxième né et de ton infant adoptif, encore dépendants contrairement à leur frère, avec la sensation de n'avoir dormi que d'un œil, et particulièrement mal.

1946 – Durant la Seconde Guerre Mondiale, tu t'enfermas dans ta demeure verdunoise même après l'évacuation de la ville et son occupation par la Gestapo, et ne quittas le sol verdunois qu'au sortir de la guerre.

Verdun se situant alors dans la zone interdite, tu fus témoin d'un certain nombre d'horreurs qui te désolèrent et, impuissante, tout ce que tu te permis de faire fut de supprimer discrètement certains membres de la Gestapo lorsque tes infants et toi aviez un petit creux. Pour cela, rares furent les anciens qui vous blâmèrent. La guerre finie, et Verdun abandonnée par les allemands et redevenue française, c'est à Paris que tu t'exiles, encore bouleversée par cette période sanglante.

Touchée par les événements précédents, et déprimée par un Paris morne et gris, tu avais pris l'habitude de fréquenter les bars et les cafés, certaines nuits, afin de profiter de la jovialité des hommes rendus gais par l'alcool. Ils étaient des proies particulièrement simples, ne se souvenant même plus de leur nuit lorsqu'ils décuvaient, au petit matin, et lorsque tu rentrais à la même heure afin de retrouver tes garçons, à toi, ta tête tournait un peu sous l'effet des boissons distillées.

L'un de ces hommes, Hector, ancien soldat français fidèle à son nom, comme si ses parents, en le nommant, avaient souhaité faire de lui un guerrier, était de loin celui que tu affectionnais le plus. C'était un géant qui riait fort et ne contrôlait pas sa force lorsque, sous l'effet de l'alcool, il étreignait et embrassait quiconque avait le malheur de se trouver à portée de ses gigantesques bras.

Plus il buvait, plus ses paroles se perdaient dans un jargon parisien que ses amis de beuverie avaient bien du mal à déchiffrer, et lorsqu'il s'exprimait, toute la rue l'entendait. Comme ses amis, et comme toi, aussi, il buvait pour oublier les cicatrices que la guerre avait laissé sur son cœur et son esprit.

Voyant que l'alcool compromettait sérieusement sa santé, tu obtins, à temps, l'accord du Prince de Paris pour faire de lui ton infant, mais tu n'attendis que le dernier moment afin de l'étreindre, alors qu'il était victime d'une intoxication éthylique, et qu'il n'y avait, pour lui, plus la moindre étincelle d'espoir.

C'était un nouveau-né particulièrement affectueux et dépendant, mais d'une force impressionnante qui te causa un bon nombre de soucis, et doté d'une âme guerrière qui lui promettait une place de renom dans l'armée vampirique. Sa naissance marqua également le retour de Charles, pour ton plus grand soulagement, ainsi que votre emménagement à Brest.

1951 – Vous ne seriez pas restés si longtemps en Bretagne si un certain petit marin n'était pas venu perturber votre séjour, le rallongeant de quelques mois. Le vent de Brest dans vos cheveux et le remous régulier de la mer dans vos oreilles vous apaisait et soignait peu à peu les blessures que les guerres vous avaient laissé. La tranquillité de la Bretagne réparait vos âmes tourmentées comme on réparait lentement la France et son vent salé emportait avec lui les durs souvenirs qui hantaient vos esprits.

N'étant pas sensés vous y attarder, vous occupiez un des forts de Brest ainsi que son phare, laissé à l'abandon et que tu avais aménagé afin que vous disposiez chacun d'un certain confort. Plutôt étroit, le phare avait l'avantage d'être particulièrement convivial.

Tu fus, un soir, au crépuscule, réveillée par une bande de voyous qui se battaient. Ce n'est qu'en descendant du fort pour longer les ruelles désertes en compagnie de ton dernier né, quelques heures plus tard, que des plaintes, inaudibles aux oreilles humaines, se firent entendre aux vôtres. Tu les aurais ignorées si Hector n'avait pas subitement rebroussé chemin, par curiosité, afin de savoir d'où ces inaudibles couinements provenaient.

Dans un coupe-gorge, ensanglanté, un petit mousse gémissait et se tordait, le visage crispé de douleur. Des coups de poings et de pieds avaient rendu son visage méconnaissable, et d'hypothétiques coups de couteau avaient charcuté son corps et imbibé ses vêtements de l'épais liquide vermeille. Alors que tu guettais l'éventuelle arrivée d'un père en colère, d'une mère inquiète, ou d'un frère raisonnable, tu as laissé faire Hector lorsqu'il s'est avancé pour prendre ce voyou dans ses bras.

Grossière erreur.

Le petit marin n'avait aucune chance de s'en remettre, et tu le savais. Dans le fort, votre fort, il agonisait lentement, crachait une quantité effroyable de sang, et toi, malgré les plaintes, tu n'avais aucune envie de sauver un garnement pareil. Tu maudissais ton nouveau-né d'avoir insisté afin de ramener parmi vous cet animal, ce délinquant, tandis que sa moue d'enfant te boudait et que ses yeux t'imploraient de faire de lui son frère. Car c'était un soldat, comme lui, fils de France, comme vous, et que, pour une raison que tu ignorais, il se sentait proche de ce petit mousse.

Dans un moment de faiblesse, sûrement dû au traumatisme des guerres qui hantait encore et toujours ton cœur, le rendait plus tendre et affectait son imperméabilité aux caprices, tu cédas à celui-ci et juras de ne plus céder à aucun autre. L'Essaim de Brest, bien que sceptique, consentit à ce que tu fasses de ce jeune matelot ton quatrième infant.

Tu le regrettas amèrement.

Si l'on t'avait dit que cet horrible garnement était le diable incarné, tu n'en auras pas douté. Insolent, têtu, arrogant et sanguinaire, il était particulièrement turbulent et mauvais jusqu'au bout des ongles. Belliqueux, il allait jusqu'à provoquer ton premier né, Charles, par jalousie, et sa colère faisait trembler les murs lorsque l'aîné de tes infants, en bon frère, le remettait froidement, mais sagement, à sa place. Amoureux de la mer, comme tout marin qui se respecte, il finissait par se calmer uniquement lorsque tu l'emmenais faire une promenade en mer nocturne.

Alors, blotti dans tes bras, il devenait plus doux qu'un agneau, et te contait ses histoires de marin, les tempêtes en mer et quelques anecdotes sur son père, amiral, dont il était très fier. Dans ces petits moments de tendresse, tu te surprenais à admettre qu'il était beau, qu'il était juste, qu'il avait la tête pleine de rêves, les yeux pleins de chagrins et le cœur plein d'amour, qu'il était fort et intelligent, qu'il savait être doux, quand il posait sa tête contre ton cœur, et plus encore, tu admettais que tu l'aimais, lui aussi, tout autant que les autres.

1973 – C'est à Limoges que tu finis par t'installer finalement, et tu espérais ne plus jamais avoir à emménager autre part. Tu y avais trouvé une vieille bâtisse moyenâgeuse qui semblait avoir survécu à l'abandon, aux guerres et aux tempêtes, et qui fut, pour ton plus grand bonheur, relativement simple à restaurer et à aménager de façon à ce qu'elle devienne confortable, chaleureuse et accueillante.

Tandis que ton infant d'adoption et ton hérésie ne se prononcèrent pas, tes trois premiers infants furent ravis d'enfin quitter le phare étroit dans lequel vous aviez élu domicile, pour une vraie résidence que l'ancienneté rendait particulièrement charmante. Ce ne fut cependant pas le cas du quatrième qui vécut assez mal l'emménagement et le fait que tu l'arraches subitement de son environnement maritime. Il se fit alors plus mauvais et plus tempétueux encore, commença à défier ton autorité et à se rebeller dangereusement.

Une nuit, il échappa malencontreusement à ta vigilance, alors que tu passais du temps avec tes deux aînés. Dans un élan d'espièglerie, il embarqua son frère Hector dans ce qu'il avait appelé une chasse à l'homme, davantage par rébellion contre toi que par objectif d'enfreindre les lois de la Mascarade. Hector te l'assura plus tard, son frère n'avait pas réellement mesuré la gravité de ses actes. De traqueurs, tes infants tombèrent sur un chasseur de vampires et finirent traqués. Lorsque, alertée par la détresse de tes infants, ton instinct te poussa à venir à leur secours, l'un était dans un piteux état, et il était déjà trop tard pour l'autre.

Mais, alors que tu serrais ton infant encore vivant contre ton cœur afin de le protéger du mieux que tu pouvais, l'odeur de l'humain qui te faisait face t'empêcha d'esquisser le moindre mouvement. Paralysée, tu n'avais ni la force d'attaquer, ni celle de te défendre, et il fallut qu'un de tes congénères, qui t'était pourtant inconnu, vous sauve, afin que tu parviennes enfin à t'échapper.

Soigné, Hector eu beau prendre la défense de son défunt frère, te répétant sans jamais faiblir qu'il s'était, pour le protéger, dignement interposé entre le chasseur et lui, ton adorable blondinet ne parvint jamais à apaiser la colère sévère que tu nourrissais envers feu ton fils, pour avoir mis en danger son frère, et, pire encore, pour être mort d'une façon aussi idiote, par pur orgueil.

Intriguée par ce chasseur parvenu à paralyser chaque membre de ton corps dans un moment aussi critique, tu t'en remis alors aux plus vieux et influents vampires de l'Essaim limogien, les priant de te donner des informations sur cet étrange humain.

Il s'avéra être l'un de tes derniers descendants mortels, Armand, l'autre étant son fils, un jeune homme de douze ans prénommé Nicolas, dont la famille avait été entièrement décimée par des vampires renégats. Par vengeance, tes fils, et les lointains neveux de Charles, avaient tué leur frère immortel et blessé le second. Tu n'eus alors plus aucun autre dessein que celui de retrouver le père afin de lui expliquer, de le raisonner, puis le fils afin de le gâter comme toute ancêtre se doit de gâter ses adorables infiniment-arrières-petits-enfants.

Il a lâché l'arme qu'il tenait braquée sur toi, puis il s'est mis à pleurer lorsque tu lui murmura, avec douceur C'est sur tes frères que tu as tiré, Armand. L'un d'eux est mort. Et tu dois la vie à l'un des monstres que tu extermines, assassin. Et lui qui t'avait juré de te tuer lorsque tu aurais terminé tes explications, rompit cette macabre promesse. Cet événement marqua le début de la collaboration entre ta descendance mortelle et tes pairs immortels, et, bien qu'il refusa la marque et protégea également son fils de celle-ci, Armand accepta que les Caïnites se servent de ses compétences en matière de traque et d'extermination vampirique afin de coincer les Anarchs.

1978 – Si Armand fut et resta éternellement méfiant à ton égard, et plus encore à l'égard de tes infants et de tes compères vampiriques, et s'il était hors de question pour lui de rester dans la même pièce que ta « saloperie d'hérésie », comme il aimait l'appeler par provocation, son fils avait une toute autre vision des choses.

Petit médium, comme son père, il n'avait cependant jamais refoulé ses dons, contrairement à lui, et était bien moins réticent au surnaturel, sans en être fasciné. Il aimait tes infants, Hector tout particulièrement, et tolérait les propos acerbes de ton hérésie depuis le jour où tu lui avais conseillé de ne pas l'écouter. C'était un bon garçon qui voyait en vous la famille qu'il n'avait plus, dont l'apparent manque d'amour faisait peine à voir, et qui avait, contre son gré, été éduqué à tuer des créatures envers qui il n'éprouvait pourtant aucune once d'animosité.

Bien que vous n'ayez pas le même mode de vie, Nicolas avait été habitué par son père à ne dormir que très peu, partagé entre sa scolarité diurne et ses chasses nocturnes. Vous preniez alors souvent le temps de vous croiser trop tard le soir et très tôt le matin, tandis qu'Armand, particulièrement insomniaque, vous rendait parfois visite en pleine nuit, pour une quelconque raison.

Il ne vous détestait pas au point de vous snober, et s'entendait plutôt bien avec Léonard, partageant avec lui le point commun morbide de l'extermination de leurs familles respectives par la main de créatures surnaturelles. Il semblait, en revanche, plus intimidé par Charles et toi, gêne sûrement due au fait que vous étiez le frère d'un de ses ascendants, et son ascendant direct.

Tu accompagnais Nicolas sur la route de son lycée, un matin d'hiver, une ou deux heures avant le lever du soleil, lorsqu'un cri glaçant et le bruit d'os s'entrechoquant violemment vous arrachèrent un frisson à tous les deux. Tu te précipitas vers le muret, le gamin à tes trousses fit de même, et vous parvîntes à apercevoir un corps, quelques mètres plus bas, dont les os des quatre membres semblaient tordus dans des angles improbables.

Malgré la marre de sang dans laquelle il baignait, l'odeur de fer monopolisant ton odorat, tes sens caïnites te permirent d'entendre sa respiration haletante et de percevoir les convulsions fébriles de son torse et l'affolement horrifié de ses yeux, alors qu'il s'accrochait désespérément à la vie. Tu suivis lentement Nicolas lorsqu'il descendit précipitamment afin de venir en aide au jeune homme.

Il n'alla pas au lycée ce jour là.

Le jour se levait, et c'est Armand, Nicolas et ton hérésie qui se chargèrent de maintenir le mourant en vie, au château, en attendant ton réveil. Lorsqu'au crépuscule, tu fus réveillée, le pauvre mortel se débattait toujours contre la Mort. Après avoir demandé à Nicolas de s'assurer de la bonté du jeune homme grâce à ses talents de médium, craignant de te retrouver une fois encore à la charge d'un nouveau-né infernal, tu envoyas pour la première fois ton hérésie énoncer ta requête auprès de l'Essaim de Limoges. C'est par amour qu'il a voulu se suicider. Un amour impossible, je crois t'avait assuré ton dernier descendant, achevant de te convaincre de porter secours à ce Roméo tragique.

Tu ne sais réellement par quelles belles paroles cette abomination avait réussi à convaincre le Maître, il ne voulut jamais t'en parler, mais il réussi miraculeusement à obtenir l'accord de l'Essaim limogien afin que tu sauves ce garçon suicidaire en faisant de lui ton cinquième infant.

Ton dernier né, Harry, que ses frères appelaient sarcastiquement Roméo, fut, et demeure encore, un nouveau-né particulièrement étrange que même ses compères caïnites avaient du mal à cerner. Loyal et fidèle, il était cependant d'une imprévisibilité déroutante, et semblait l'archétype même de l'eau qui dort et dont il faut cependant se méfier.

Particulièrement dépressif, il vivait plutôt mal son statut d'Immortel malgré la souffrance qu'il avait enduré afin de rester en vie. Silencieux, il ne s'adressait qu'à ses frères ou à toi, et ce, uniquement en cas d'extrême nécessité. Il se contentait d'ignorer tout le reste, et se révélait plutôt bon au jeu de la sourde-oreille...

1987 – Il ne connut jamais réellement son frère adoptif et, si les autres n'y firent plus attention, lui s'en mord les doigts encore aujourd'hui, vexé, contrarié, peiné, par ce que son âme loyale et fidèle considère comme une trahison, un divorce, une déclaration de guerre. Une guerre d'indépendance, peut-être. Gabriel est parti sans laisser de mot, sans laisser de trace, sans laisser le moindre objet lui appartenant, ni le moindre baiser sur les fronts de sa fratrie ou le dos de ta main.

La mort de Stéphane, lien qui vous liait, avait creusé un fossé entre vous et lui, il se retrouvait seul mouton noir sans support, face à vous. Loin de son frère de rébellion, loin du deuxième vilain canard, loin du seul qui s'opposait à toi, à ses côtés, il était loin de vous. Il avait peut-être eu peur, et toi, tu aurais sûrement dû le rassurer. Il était difficile de ressentir les tracas d'un être que tu n'avais pas engendré. Tu n'étais pas coupable de sa naissance, mais tu ne l'aimais pas moins, et son absence te rongea longtemps.

Tu le sentais, vivant, là, quelque part, malheureux, peut-être, seul, peut-être, mais vivant et plus heureux que s'il avait été avec toi. Tu t'es sentie une entrave à sa liberté, peut-être même la source de son mal-être. Tu te savais capable d'aller le chercher, récupérer ce garçon maladroit qui t'appartenait, cet enfant trop petit qui était l'un des tiens, mais tu sentais que plus tu te tiendrais loin de lui, mieux il se porterait.

Alors tu l'as laissé partir.

Encore aujourd'hui, tu le sens vivant dans tes veines, pour l'avoir élevé à défaut de l'avoir étreint, pour l'avoir consolé, bordé, choyé, apaisé, peut-être trop couvé. Et encore aujourd'hui, son jeune frère, tout petit lorsqu'il est parti, rumine sa colère, sa rancune et son incompréhension. Comme un môme au père inconnu, il se sentait abandonné par un frère dont il avait oublié le visage. Il a divorcé de notre famille! Je sais Il est parti sans rien dire! Je sais Et vous l'avez laissé faire! C'est vrai Pourquoi est-ce que je lui ai jamais parlé? Ce n'est pas de votre faute Pourquoi est-ce que je ne l'ai aimé qu'après son départ? Ce n'est pas de votre faute Est-ce qu'il serait quand même parti si je l'avais aidé quand il en avait besoin? Je ne sais pas.

Je ne sais pas.

Depuis l'adolescence, Nicolas s'était lié d'amitié avec une petite limogienne passionnée par tout ce qui relevait du surnaturel, et qui aida à plusieurs reprises l'adolescent à traquer des vampires renégats, malgré la désapprobation d'Armand. Tu avais pris l'habitude de regarder de haut cette petite rouquine écervelée, prenais un malin plaisir à l'intimider et ne lui avais jamais témoigné le moindre semblant d'affection. Tu ne te sentis réellement proche d'elle que quelques années plus tard, lorsqu'elle porta en elle l'enfant de Nicolas, et qu'elle devint la mère de ton descendant...

Mais jamais Nicolas n'eut l'occasion de prendre sa fille dans ses bras. Il fut tué lors d'une chasse quelques mois avant l'accouchement, et ne parvint qu'à exprimer ses dernière volontés avant de succomber à ses blessures. Conscient que des Anarchs souhaiteraient se venger, et qu'il est assez difficile d'attaquer une chose que des vampires ont décidé de protéger, il demanda à ce que sa belle bénéficie de la protection de la société vampirique durant le restant de sa grossesse et les premières années de leur fille, n'étant plus là pour les protéger de lui-même.

Sa volonté fut entendue et les vampires s'engagèrent solennellement à protéger la femme enceinte, puis l'enfant une fois née, afin d'honorer la mémoire du ridicule petit mortel qui, aussi petit et insignifiant fut-il, avait travaillé pour eux et en était mort. Bien qu'elle n'aie pas hérité des capacités de médium de son père, la petite Ludivine fut élevée par vampires et humains, avait une certaine proximité avec le surnaturel, grandit sans jamais faire de réelle différence entre mortels et immortels, et en vint à penser, plus tard, que même les hérésies avaient droit au respect.

Elle n'avait pas fêté sa dixième année lorsqu'elle emménagea à Bordeaux, ville natale de sa mère.

2001 – C'est en errant dans les plus étroites rues de Limoges que tu surpris à plusieurs reprises un garçon seul et frigorifié, tapis dans la nuit noire dans le but de ne pas être vu. S'il avait mué, s'il avait à coup sûr plus d'une quinzaine d'années, il n'avait pas atteint la vingtaine et tu n'étais même pas sûre qu'il soit majeur.

Dans ta plus grande mansuétude, et surtout réticente à l'idée de voir un garçon de cet âge mourir de froid au coin d'une rue, tu avais pris l'habitude, à chaque fois que tu le croisais endormi, de l'envelopper d'une couverture supplémentaire. Il te surprit pourtant dans ce geste, une nuit, en ouvrant subitement les yeux alors que tu le croyais endormi. Tu ne sais vraiment comment il avait réussi à te duper, mais il l'avait indéniablement fait.

Tu compris, par la suite, l'étendue de l'intelligence de ce jeune homme.

Tout ce qu'il t'autorisa à savoir fut son nom, Jules, et le décès récent de sa grand-mère, qui l'éleva durant dix-sept ans, depuis sa naissance, en sommes. Le reste, tu ne parvins qu'à le deviner. Il fuyait les policiers et frémissait chaque fois que tu évoquais le sujet de ses parents. Tu ne sus jamais vraiment l'erreur qu'ils avaient faite pour terroriser à ce point leur enfant, mais le fait d'avoir laissé un fils aux bras de sa grand-mère, quelques jours après sa naissance, contribuait sûrement à sa crainte des géniteurs qu'il n'avait jamais rencontré.

Il était, de loin, le jeune mortel le plus intelligent que tu aies pu rencontrer. Souffrant d'hypermnésie, il retenait tout ce qu'il voyait et lisait, et son cerveau regorgeait d'un savoir encore jeune, mais incroyablement précis et abondant. Rusé comme un renard, il ne manigançait pourtant jamais au détriment des autres, mais il était parfaitement conscient que son intelligence était capable de faire couler toute une entreprise et d'entrer dans les bases de données les plus secrètes.

Alors que, le soir venu, il te contait la façon dont il s'était pris, durant la journée, afin de voler à l'étalage sans se faire repérer, tu tentais de lui faire entendre raison, de lui avouer qu'il ne survivrait pas bien longtemps, seul et vulnérable, dans les rues de Limoges, de lui dire que les policiers finiraient bien par le trouver un jour ou l'autre, vivant, mort ou entre les deux, et de tenter de lui faire comprendre que ses parents devaient s'inquiéter.

Tu étais cependant loin d'être tout à fait certaine de ce dernier point.

Ce môme crasseux et de plus en plus maigre te faisait de la peine, alors il t'arrivait souvent de lui donner un coup de main lorsque la police était à ses trousses. Mandataire à l'Essaim de Limoges, tu avais, depuis un certain temps déjà, obtenu l'accord de tes supérieurs afin d'étreindre ce garçon s'il lui arrivait un malheur avant que les forces de l'ordre ne le retrouvent. Il fit un malaise, une nuit, en se lisant déclaré mort sur les avis de recherche, alors qu'il n'avait qu'un morceau de pain rassis dans l'estomac.

Ce petit malin serait mort de cette façon si tu n'avais pas été là.

2007 – Tu eus la chance, toi, ces dernières années, de ne pas vivre dans la peur et l'angoisse à l'idée d'être découverte par les mortels. Nouvelle-née, tu étais bien trop impétueuse pour te rendre compte de la gravité de tes actes lorsque tu frôlais la violation de la Mascarade et, désormais, tu avais appris à prendre tes précautions. Tu avais élu domicile à l'écart du monde humain, avais éduqué tes infants de manière à ce que, plus sages que toi à leur âge, ils ne menacent jamais la Mascarade, et tu donnais à tes calices le choix de parler à leurs pairs et mourir, ou bien demeurer entre tes draps et se taire.

Aucun d'entre eux n'avait jamais hésité.

Tu vis, avec tendresse, la grande Révélation comme l'ultime progrès de la société vampirique, celui qui te permettrait plus aisément de te mêler à tes descendants mortels sans risquer leur perte ou celle de tes pairs caïnites. Tu reçus la nouvelle avec une joie timide et anxieuse, mais réelle et sincère, et tu te dévoilas assez tardivement aux humains inconnus, redoutant leurs réactions et attendant durant quelques mois que se calme l'ardeur de la surprise.

Encore intimidée par l'Humanité, tu ne te permettais que d'allers-retours occasionnels entre Limoges et Bordeaux, afin de rendre visite à ta descendante. C'était une jeune fille charmante et tolérante, qui possédait néanmoins un fort caractère indomptable dans lequel tu reconnaissais Nicolas, et parfois bourru, comme celui d'Armand. Petite humaine élevée par des vampires, elle t'avait souvent raconté à quel point ce fut dur pour elle de vous quitter, à l'âge de dix ans, et de vivre comme une enfant parmi les autres, de savoir au milieu de ceux qui ne savent pas.

Tu as frémis lorsque ton hérésie t'annonça qu'un individu encore à peine plus imposant qu'un haricot allait s'ajouter à la liste de tes descendants. Il t'avait craché ces mots sans te ménager, comme si l'annonce d'une grossesse, d'un enfant, d'un petit soleil, comme si ce bonheur lui avait brûlé la gorge. Tu contrains ce monstre qui autrefois égorgeait sans scrupule les enfants à même leurs berceaux, à fêter l'arrivée imminente d'un des tiens. Durant sept mois, tu n'entendis plus le son de sa voix, pour votre plus grand soulagement. Votre bonheur l'étouffait, l’écœurait, et tu le laissais agoniser, suffoquer ses idées noires sans te préoccuper de ses caprices.

Car, lorsque le médecin annonça l'arrivée de deux garçons, votre bonheur n'en fut que doublé. Tes infants et toi eurent beau tourner l'échographie dans tous les sens afin de tenter d'y deviner un, puis deux bébés, vous n'y vîtes rien de plus qu'un imbroglio d'amorphes tâches plus ou moins grisâtres. Alors, Ludivine s'impatientait Mais si, regardez bien, on peut voir leurs deux petites têtes l'une contre l'autre ! Et tu trouvais fort joli l'amour prénatal qui unissait ces deux frères. Alors, pour ne pas la contrarier, tu hochais la tête et tu murmurais Ah. Oui. Je vois.

Si elle avait été dotée d'un fort caractère, le dégoût de ton hérésie à l'égard de son ventre grossissant et l'insensibilité frisant l'indifférence de tes infants et toi ne la vexèrent pas le moins du monde. Elle comprenait, habituée depuis l'enfance à votre handicapant manque d'empathie. Lorsqu'elle te tendait les échographies, tu les contemplais avec la même moue impassible que vingt ans auparavant, alors qu'elle te montrait avec fierté son dernier dessin. Tu l'avais faite pleurer, une fois, sans le vouloir. Alors, pour lui faire plaisir, tu avais tenté de mimer des émotions sans grande conviction.

Elle n'eut d'autre choix que de faire avec, et s'en amusa, en grandissant.

2010 – Eliott et Lucas Desforges naquirent à l'aube du 21 Avril 2010, dans une petite clinique bordelaise. Bien que nés après seulement sept mois de grossesse, les bébés étaient en bonne santé, beaux, dodus, roses et pleins de vie. La jeune mère se portait bien, et l'heureux père se séparait difficilement de ses fils une fois qu'il les tenait dans ses bras. Nés au petit matin, tu étais venue le soir même afin de les rencontrer, imprimer dans ton esprit chaque trait de leurs visages, leur souhaiter la bienvenue, les bercer et fêter leur vie, toi qui était morte depuis des lustres.

La curiosité poussait souvent tes infants à agglutiner leurs corps morts et froids autour du berceau où hurlaient les deux bébés vivants et chauds, mais aucun de tes maladroits garçons n'osa jamais toucher ni à la peau de pêche des petits humains, ni à leurs maigre chevelure dorée. Ils reculaient avec violence lorsque l'un des nourrisson avait le malheur de faire un geste brusque en leur direction, refusaient tout contact physique avec eux et fuyaient toute personne portant dans ses bras l'un des enfants, comme si ces deux minuscules petites boules de vie avaient été trop brûlantes pour leurs peaux ternes et froides.

Tu as senti le danger, un soir, alors que tu faisais la lecture à tes derniers nés et révisais avec eux l'Histoire et la Littérature, dans la suite luxueuse d'un grand hôtel bordelais que tu avais loué pour les premiers mois de tes nourrissons. Le bonheur que leur naissance t'apportait était néanmoins étouffé par les conflits qui tourmentaient caïnites et humains, et inquiétait les Essaims de France. Tu t'étais maintes fois surprise à ignorer le chagrin de tes petits mortels que ton inconstance effrayait, trop préoccupée par tes soucis politiques pour fêter sincèrement leur naissance.

Tu t'en voulus, cette nuit-là...

A l'instant où tu es entrée en trombe dans la clinique, les cris des femmes et des nourrissons ont vrillé tes tympans sensibles, et c'est avec peine que tu t'es frayée un chemin au milieu du personnel affolé. Bondissant comme un fauve, tu bousculais avec rage quiconque osait entraver ton chemin, grimpais les marches quatre à quatre, enjambais les cadavres gisant à tes pieds, suivais les marres écarlates qui teintaient le sol et les traces sanglantes qui longeaient les murs. Tes infants, à tes trousses, peinaient à suivre tes pas.

Dans la chambre, tu as contourné le cadavre ensanglanté de Ludivine qui entourait de ses bras menus les corps inertes de son fils et de son mari, puis tu as évité ceux d'Armand, et de sa belle-fille, méconnaissables, massacrés, vidés. Sans prêter la moindre attention aux morts, tu t'es ruée sur la seule chose encore vivante qu'il restait dans la pièce, le cachant entre tes bras comme tu aurais protégé le plus précieux trésor du monde. Lui qui était né jumeau dans une famille où l'on aimait la vie, était seul cœur battant dans les bras d'une morte.

L'attaque ciblée d'un groupuscule de vampires renégats venait de décimer le peu qui te rattachait à la vie, ne laissant derrière eux qu'un minuscule orphelin rougi par les larmes et la colère. La veille, des vampires avaient été tués par la main d'humains et, en guise de révolte, ces Anarchs avaient souhaité faire d'une pierre deux coups en s'attaquant à la famille mortelle d'un membre d'un Essaim de France. Toi. Tu les aurais tué s'ils n'avaient pas pris leurs jambes à leur cou en te voyant, sans même prendre le temps de finir leur carnage, et ne te laissant qu'un seul et unique enfant.

Tu compris bien assez vite que ce bambin n'avait pas sa place dans vos bras, qu'il était inconcevable que des créatures de la Mort élèvent une vie naissante, et que l'Europe n'était plus une terre assez sûre pour que tu y élève tes infants et ton mortel. Vous quittâtes votre chère et tendre Hexagone pour la Louisiane du Nouveau Monde où l'on t'avait promis le poste de primogène, afin de protéger le petit Homme et tes plus jeunes infants, alors que ta petite dernière n'avait pas même atteint sa toute première année.

2016 – Les mois, les années qui suivirent votre emménagement à Shreveport furent loin d'être reposants. Il vous fallut tout détruire en France pour reconstruire ici, vous séparer de l'humain afin de le confier aux bras sûrs et protecteurs d'une famille de sa race, vous promettre de ne plus jamais tenter de le revoir au risque de corrompre sa sécurité, et vos journées étaient hantées par les sueurs froides, les cauchemars et les réveils en sursaut. Tes plus jeunes infants parlaient à peine anglais, et la France vous manquait terriblement.

Vous passiez vos nuits à tenter de vous reconstruire le plus sûr et le plus douillet des nids. Vous aviez élu domicile dans une vieille résidence immense et luxueuse, semblable à un petit château entouré de multiples dépendances et bâtiments annexes qui servirent d'appartements à tes infants et à tes calices, tandis que tu occupais l'aile principale. La résidence ayant beau comporter divers styles architecturaux, l'ensemble n'en était pas moins harmonieux et les jardins fleuris qu'arpentaient d'abondants arbres fruitiers, une rivière claire et un petit point d'eau pure semblaient une vision que l'on se ferait du paradis.

La cour était vaste, les intérieurs également, mais bien que vous en ayez fait l'acquisition meublée, chacun d'entre vous tint à apporter la touche personnelle qui manquait à son petit bout d'appartement, et tes moyens te permirent d'agrémenter tes intérieurs des meubles et vieilleries français que tu avais fait venir de Limoges. Tu n'avais rien vendu, tout conservé, afin qu'aucun des tiens ne se sente totalement dépaysé. Ils conservèrent leurs armoires, leurs miroirs, leurs draps de satin et leurs biens les plus précieux. Tu leur avais gardé, à tous, un petit bout de France. La Révélation t'avait également permis de remettre la main sur des objets d'une valeur inestimable ayant appartenu à ta vie mortelle, qui trônent encore fièrement dans le grand salon de la résidence.

L'année de ton emménagement avait également marqué la fin du Croquemitaine. Nouvelle arrivante, entreprenante et ambitieuse, tu avais sans scrupule profité des ruines de l'endroit tant apprécié afin de rebâtir avec acharnement, laissant aux vampires de Shreveport à peine le temps de faire le deuil. La rénovation de cet endroit en cendres fut de loin la tâche la plus éprouvante de votre emménagement mais vos efforts acharnés portèrent leurs fruits et les mains de tes infants furent une aide précieuse.

Tes garçons et toi, mère et fils, bâtîtes et aménageâtes alors ce club luxueux que vous vîtes s'élever avec tendresse et fierté comme un enfant né de l'union de chacun d'entre vous, le Faucheur naquit de la ferveur de vos bras et de la sueur de vos fronts. S'il n'attirait au départ rien de plus que les mauvaises langues et les regards désapprobateurs encore fidèles au feu Croquemitaine, le mépris laissa finalement place à la curiosité et entretiens d'embauche comme clientèle fortunée finirent par s'y bousculer, si bien que, dépassée, tu confia la gérance de l'établissement à ton deuxième né.

Si, tes qualités de mandataire ayant été grandement appréciée par l'Essaim de Limoges, tu héritas du poste de primogène sous les recommandations du Maître limogien, il te fallut longuement négocier et défendre bec et ongles ton premier-né afin de lui obtenir un poste de mandataire à tes côtés. Tu usas de tes charmes autant que du venin que tu savais si bien cracher, petite peste, et ils cédèrent avec nonchalance. C'est avec une fierté de mère que tu promènes aujourd'hui, avec toi, ton cher et tendre petit, au sein de l'Elysium. Et, le cœur gonflé d'amour et d'orgueil, tes yeux ne cessent de lancer Voyez comme il est grand et beau, voyez comme il est fort et sage, mon garçon.

Mon grand garçon.


Ajd – Obéir au Maître, lui faire confiance, l'aimer, le craindre, le respecter, ne t'empêcha pas de grogner lorsque ses dernières directives parvinrent à tes oreilles méfiantes. Si ton âge avancé ne jouait pas de tours à ta mémoire, la dernière fois que tu avais osé te mêler aux mortels, les pauvres humains que ton cœur mort avait tant bien que mal appris à affectionner avaient été égorgés, piétinés, hachés, massacrés, vidés de leur sang jusqu'à la dernière goutte.

Ton regard avait survolé leurs yeux morts, leurs nez brisés, leurs visages méconnaissables, grimaçants de terreur, figés à jamais, leurs mâchoires enfoncées qui mimaient encore leurs derniers cris d'effroi, et tes pieds tremblants avaient frôlé leurs corps charcutés, ensanglantés, désarticulés, et cette vision macabre t'arrachait un sursaut chaque fois que tu tentais de trouver le sommeil.

Et tes yeux à la fois déterminés et implorants s'étaient posés sur ton Maître impitoyable, et tu as senti frémir chaque parcelle de ta peau glaciale, et les muscles de ton corps se tendirent, et tes mâchoires puissantes se crispèrent avec hargne, au souvenir de ce corps cruellement affaibli pour avoir mis au monde deux enfants, serré contre une petite chose inerte, morte avant même d'avoir vu le soleil se lever une quatrième fois, contre un mari qui avait fait ce qu'il avait pu. A côté, un vieillard venu fêter la naissance de ses arrières-petits-fils, face contre le sol, et une vieille dame fatiguée, sa cervelle glissant encore sur le carrelage froid. Ils ne t'avaient laissé qu'un seul enfant, le condamnant à avoir infiniment froid et à demeurer infiniment seul.

Alors il te faudrait tenter une nouvelle fois ta chance au sein de la société humaine, au risque de fragiliser la sécurité de vulgaires mortels pour des raisons purement politiques ? Tenter de trouver une place à leur côtés alors qu'un futile faux mouvement de ta part risquait de les blesser, de les tuer, de les effrayer, alors que ta seule présence ne leur apportait qu'infortune et funèbres destins ? Tenter de passer outre ce souvenir écœurant qui hantait ton esprit plus encore que les guerres que tu avais bravé sans fléchir ni ciller ? Risquer à tout moment de le croiser.

Que lui dirais-tu ? Ta famille n'est pas celle que tu crois. La mère que tu aimes ne t'a jamais mis au monde. Ton frère, ta mère et ton père sont morts par ma faute. Je t'ai arraché à la nation qui t'a vu naître, puis abandonné, j'avais peur d'être incapable de complimenter tes dessins, de t'apporter la chaleur et l'affection dont les humains sont seuls à avoir le secret. Je t'ai abandonné dans les bras d'humains comme toi et les ai obligé à mentir pour te protéger. De quoi ? D'eux, de tout, de moi. Mon pauvre garçon. Mon pauvre garçon.

Je ne sais même plus quel âge tu as.

Mais tes démons intérieurs, tes chagrins, tes peurs. Ces blessures qui te saignent, ces souvenirs qui te hantent, ce traumatisme indélébile qui s'est logé, un jour, dans ton crâne et dans ton cœur, y a élu domicile et menace capricieusement de ne jamais partir. Tes soucis personnels et tes idées noires furent étouffés par ton devoir politique, et si ton corps tout entier hurlait ton désespoir et ton refus, tu n'eus pas la force de résister. Tu t'es crispée, tous tes membres ont tremblé.
Puis tu as soufflé Oui, votre Honneur.
Oui, j'y songerai...
 



Dernière édition par A.-Élisabeth de Montault le 16/12/2015, 17:58, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 13:37

Bienvenue par ici, miss ! :dédé:
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 14:12

Chaoooos yeah

Bienvenue parmi nous ! :05:

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 14:26

Bienvenue :)

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 14:56

Bienvenue !
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 15:10

Bienvenue ! meouebiensur

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 15:14

Bienvenue officielle excellent choix de groupe. Cool Tes questions sur les vampires sont toujours en attente dans le staff, ça devrait arriver bientôt!

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 15:35

Que d'adorables petites bouilles ! :dédé: Merci à vous :46:

Miša – Aha, César ô voici Cartapus :') Au départ, j'étais partie pour Présence, mais j'ai eu un véritable coup de cœur sur cette discipline et le niv. 4 a achevé de me convaincre. Jouer le caméléon pour vous troller gentiment, j'ai trouvé ça plus exploitable en Rp, et plus amusant aussi :')

Jürgen – Merci ♥️ Et pas de problème, ça ne presse pas, c'était plus par curiosité que par nécessité :05:
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 15:38

A.-Élisabeth de Montault a écrit:

Story of my life.

On pourra faire des parties de cache-cache. :63:

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 15:59

C'est moi qui ait eu un petit cœur rose. *__* arrow *s'en va en remballant sa virilité*

N'hésite pas à botter le cul de Yago et à défier Oswald aux échecs. En tout cas c'est bien de voir des vampires ordonnés, y'en a qui devraient prendre exemple ehem.

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 18:02

Yago – Oh, j'espère pour toi que tu es bon perdant, mon enfant Cool
Jürgen – Avec plaisir, c'est si gentiment proposé frip01 Par contre, à défaut d'avoir conservé ta virilité, tu viens d'atteindre un degré de choupinerie élevé :63: Tiens, pour la peine, voilà un deuxième petit cœur rose rien que pour toi ♥️
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Tu perds la tête, tu déménages, tu travailles du chapeau, tu as les méninges en accordéon, tu as une araignée au plafond, tu as le timbre fêlé, tu ondules de la toiture, tu es bon pour le cabanon. Ou, tout simplement : tu deviens fou. ; Stephen King
 
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   15/11/2015, 23:34

Quand elle écrit tout son nom, il lui en faut de l'espace. Elle dépasse souvent de la ligne ?

Bienvenue sur le forum et bonne continuation pour ta fiche ! superman
J'ai validé ton code règlement classic

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La peur, c'est la plus précieuse matière première de l'univers. Allumez la télévision, qu'est-ce que vous voyez ? Des gens qui vendent leurs produits ? Non. Des gens qui vendent la peur que vous éprouvez à l'idée de ne pas les avoir.
   
   
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J'ai entendu le doux bruit de tes silences.
 
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   16/11/2015, 00:20

BIENVENUUUUUUUUE !

MARGOT heart J'aime énormément le début de ta fiche, ça me rappelle presque un de mes anciens personnages mdr Et tu rejoins le bon groupe What a Face

J'espère que tu te plairas ici et bonne chance pour la biographie ! :63:

_________________
Mais, vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres, des gens qui m'ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi. Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n'est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi au contraire, j'ai pu ; et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... Je ne suis qu'amour ! :dédé:
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   17/11/2015, 06:53

Gwendoline – Lizzie n'écrit pas, elle dicte et c'est son hérésie qui use son poignet :54: mais oui, ça dépasse, et encore c'est même pas le nom complet, genre avec le duché et les comtés ça s'étend sur trois lignes :') Merci nimuqueuse
Dillon – Cara :67: Merci heart
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Do not go gentle
into that good night.



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SERENADE : My Violent Heart – N.I.N. || Bad Moon Rising – Mourning Ritual || Evil Ways – Blues Saraceno || No Comment – Gainsbourg || Nevermind – Leonard Cohen.



Rage, rage against
the dying of the light.

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« He in his madness prays for storms, and dreams that storms will bring him peace. » L. Tolstoy.
 
Bill Gisborne
ALIAS ; Billoute-le-Cravacheur,
il fait Führer !


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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   19/11/2015, 06:03

Une engeance de Belle-Morte dites voir. :grey:
Bienvenue parmi nous execrable creature, et excellente fin de rédaction. disco

_________________

    pour mûrir la souffrance
    d'une époque où les nuits mouraient sans clair de lune
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væmmelig

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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   19/11/2015, 17:33

Bienvenue bella. :pretty:
Si tu avais opté pour M. Robbie version Harley Quinn, tu aurais fini attaché pour le restant de tes jours dans ma salle de bain. (divertissement personnel, toussa toussa quoi awwwhuuh ) Comme quoi, la liberté, ça tient généralement qu'à un fil ! pleaseuh arrow

Bon courage pour la suite de la fichette !
/lui rend sa culotte/
cf gif de sign. What a Face

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    VALKYRJA
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SERENADE : /watch?v=D365SZuES18 /watch?v=PDsqAz4Io4o /watch?v=IBDJQF3EXpU



HÉRAUT DU CHAOS


SOBRIQUET : Rhysk - Chaton
MISSIVES : 2100
ACTE DE PROPRIETE : © Lustuu

Je bois dans ta déchirure et j'étale tes jambes nues ; je les ouvre comme dans un livre où je lis ce qui me tue. - GB
 
Rhys V. Archos
ALIAS Rhysette ; l'amateur de pâté en croûte et de sérénades au clair de lune


MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   19/11/2015, 18:06

Je viens de me rendre compte que j'ai pas dis bienvenue ici alors : bienvenuuue :05:

_________________


Je suis ce délire façonné par mes pairs : l'écho fantasmé d'une réalité qui n'existe pas. On m'a dit que le monde était sale, mais je l'ai trouvé beau dans sa décadence et dans ces choses qui nous font mal ;
L'ivresse solaire du Crépuscule
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SIGNALEMENT : Un nouveau loup qui fait une fixette sur les pastèques...
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- - - - - - - - - - -











- - - - - - - - - - -



Forever yours



SOBRIQUET : xLadybird | • Loo | DarksideOfGods
MISSIVES : 493
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   22/11/2015, 12:37

Bienvenue par ici & bon chance pour ta fiche :*Graham*:

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© QUEENY.
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   28/11/2015, 06:58

Il semble que je ne t'ai pas encore dit bienvenue, alors, bienvenue. coucou

A.-Élisabeth de Montault a écrit:
DATE & LIEU DE NAISSANCE 28.07.1686, Palais de Versailles, France ;

Rien que ça. :11:
Shreveport c'est un tout autre décor...

Bonne chance pour la rédaction de l'histoire, tu avais l'air inspirée pour la première partie de la fiche, en tous cas.
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   28/11/2015, 09:44

Bienvenue!

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Now tell me man, where's your laser rifle ? Life didn't make you a modern knight. Instead of roaming the city to fight crime, you lie in bed wide awake at night ; you can't even clear the streets inside.
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   28/11/2015, 13:16

Bienvenue ! J'espère qu'on aura l'occasion de se faire un lien grâce à Gabriel <3 !
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   30/11/2015, 16:53

Hello
Le délai de deux semaines qu'on aborde est terminé. Si tu veux plus de temps, n'hésites pas à demander ! En attendant, je la déplace dans les fiches en danger.

:dédé:

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La peur, c'est la plus précieuse matière première de l'univers. Allumez la télévision, qu'est-ce que vous voyez ? Des gens qui vendent leurs produits ? Non. Des gens qui vendent la peur que vous éprouvez à l'idée de ne pas les avoir.
   
   
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   30/11/2015, 19:34

Aslaug – Je vois que je l'ai échappé belle même si, entre nous, c'est pas comme si ça m'aurait déplu. Angel Sérieusement, j'aurais pu, parce que j'ai toujours craqué sur HQ, que j'ai jamais vu de personnage plus chou, et que Robbie a l'air de tellement bien la gérer...mais c'était pas trop le style de ma Lizzie x)

Teodor – C'est sûr que c'est pas vraiment le même environnement What a Face

Cleopatra – Ce serait presque inévitable :')

Merci à tous pour votre accueil, vous êtes adorables ♥️ yuhou
J'aimerais bien avoir un délai supplémentaire, oui. Personnellement, ma fiche est quasiment terminée, elle mijote sur Open Office, mais j'attend d'être au point sur certains détails avec Charles, nos personnages étant quand même très liés. Si je pouvais avoir le même délai, ce serait parfait nimuqueuse
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MessageSujet: Re: chaos gives birth to dancing stars ✖ ANNE-ÉLISABETH   30/11/2015, 20:16

Je te donne une semaine (=

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