AccueilAccueil  Tumblr DMTH  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


 
Bienvenue sur DMTH Invité love01
PRENEZ LA ROUTE DE BÂTON ROUGE, SUIVEZ NOUS SUR LA V2 !
   

Partagez | .
 

 Evanescence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Evanescence   2/6/2010, 01:11


(c) Lsi
...Evanescence...
Lux & Elisius

(c) soft frenzy


Capricieuse éternité qui ne savait jouer que d’indolence et d’éphémère, comme si chaque existence si mortelle, si fragile, était fatalement vouée à disparaître, à se laisser engloutir sous les crocs malsains du temps s’écoulant, s’égrenant, cavalcade indélébile, insaisissable. Il semblait d’ailleurs que le vent n’avait de cesse d’apporter des effluves d’un passé dévoyé, oublié, sous le silence obséquieux des gouttelettes évanouies comme pour saluer la prochaine arrivée d’une jeune femme en ces lieux porteurs d’une légère fragrance de santal, légère et évanescente, une douce ambiance rappelant le premier pays où tous deux s’étaient rencontrés… tous deux oui, une douce lueur et un faux dieu de lumière. Tandis qu’une table avait été dressée un peu à l’écart de l’entrée, trônant dans une sorte d’antichambre, d’alcôve un peu trop grande pour n’être que cela, lieu où une sorte de scène se trouvait… sorte seulement, puisqu’il ne s’agissait que d’une petite estrade sur laquelle une table pour deux avait été dressée… Pour deux ? Pour une devrait-on dire, car au fond, lui ne mangerait rien de ce qui pourrait être servi, à l’exception de ces lèvres qui humeraient, qui goûteraient des saveurs qu’il ne pouvait plus apprécier de lui-même.

Cela avait été une véritable révélation pour cet ancien vampire, aimant, se passionnant à outrance pour des réalités douceâtres, presque trop saisissantes en soit, sans jamais véritablement saisir pourquoi certains êtres finissaient par s’enchaîner à une créature, quelle qu’elle puisse être, jusqu’à… Oh, Lux n’avait rien d’un ange que l’on berçait le soir venu, qui n’effectuerait aucune bêtise, qui obéirait sans tressaillir. Mais au fond, cela ne lui aurait pas réellement plu, comment se satisfaire d’un être qui n’exprime pleinement ses sentiments, ses sensations, ses… Et elle, qu’Odin, le Diable, Neptune, Jupiter, Hécate, Shiva, et tous les autres dieux clairsemant chaque esprit ayant besoin de croire en quelque chose de plus grand que le monde en lui-même, lui pardonne, mais elle n’avait rien à voir avec cela, tant sa complexité, son caractère parfois insupportable pouvait être agaçant, mais ils ne s’étaient encore jamais réellement affrontés, ou tout du moins, pour rien de véritablement important jusqu’ici.

Il n’ignorait rien des tourments qui avaient enlacés son existence, sans doute responsables de ses plus grandes douleurs, et ne parvenait d’ailleurs pas à comprendre pourquoi elle s’était abandonné dans ses bras quelques nuits auparavant, tant cela paraissait ne pas avoir de sens, ni même de logique aux yeux de cet être pourtant si intelligent, mais également tellement effacé. Était-il à ce point charismatique que cela venait à en chasser toute la morale endimanchée qui cheminait à ses côtés ? Bien qu’il n’ait pourtant pas hésité à partir en chasse après des êtres qui méritaient purement et simplement de mourir, une vision, un visage, une vulgaire apparition sous la certitude d’une culpabilité, et ses crocs, sa soif, se chargeaient de briser le souffle écœurant de l’existence de celui qui ne faisait que briser sa douce humanité. Mais la jeune femme n’en savait presque rien, puisqu’il ne l’emmenait chasser avec lui, alors qu’ils passaient tant de temps ensemble à l’exception de cela… et peut-être d’autres choses, d’autres réalités… Mais cet instant n'en faisait pas parti.

Silencieux, sans que le moindre souffle, le moindre bruit vienne trahir le mouvement qu’il effectua pour s’approcher de celle qui cheminait sur le trottoir faisant face à cette fameuse boutique dans laquelle il ne se trouvait pas malgré qu’il se devait de l’y attendre… plus ou moins. Ils avaient rendez-vous, il l’avait conviée à venir ici, à laisser ses lèvres, sa gorge, tout son être frémir sous la saveur délicate d’un saumon légèrement saisi, avec sa sauce à l’oseille, accompagné de son riz sauvage… précieusement gardé au chaud sur un plat de pierre. Mais le dessert lui ferait sans doute faire la moue, une tarte aux mûres… il y avait plus léger, mais il cherchait graduellement à découvrir ces saveurs qui n’avaient pu être siennes autrefois, tout comme aujourd’hui, s’il ne profitait de ce lien.

Mais devait-il également confier qu’en dehors de la promesse faite à son ancien élève, son ancien infant d’adoption, il ne la gardait pas seulement auprès de lui par la faute de ces mots ? Peut-être effectivement lorsqu’elle l’agaçait prodigieusement, mais toutes ces autres fois où ce n’était pas le cas, il aimait sa compagnie, il aimait… Car comment ses lèvres auraient-elles pu désirer s’abreuver à sa chair ? Comment sa soif, son étreinte si lascive avait-elle pu s’éconduire jusqu’à elle s’il n’avait pas tenu un temps soit peu à cette frauduleuse égérie dont il ne pouvait effleurer l’esprit de par son ancienne appartenance à l’égide des sorciers. Pourtant il ressentait ses sentiments… qu’il ne comprenait guère mieux que les siens par instant. Peut-être était-ce cela que l’éternité apprenait… on avait beau se connaître sur le bout des doigts, on avait beau savoir ce dont le monde était capable, l’on pouvait encore être surpris par ce que l’on ressentait, hésiter sur la teneur de ces étranges sensations qui palpitaient sous l’indolence de l’indifférence qu’il y accordait, se refusant sans doute à vouloir en apprendre plus.

Néanmoins, la véritable question de ce soir, ne se situait aucunement à ce niveau… car sous l’indolence de son long manteau fardé d'obscurité, épousant avec lascivité le tissu tout aussi sombre de sa chemise d’un bleu vaporeux, s’abreuvant à la noirceur environnante, le rendant plus invisible encore ; il se glissa derrière elle, ses doigts venant négligemment s’abandonner sur son regard qu’il emprisonna derrière la tiédeur de sa peau, prouvant qu’il s’était nourrit un peu plus tôt, sans le moindre doute, la moindre hésitation. Car malgré le fait qu’il pouvait fort bien marcher sous la lumière de l’astre du jour, celui-ci ne parviendrait jamais à lui redonner la moindre chaleur, laissant son corps persister dans la fraicheur caverneuse des ténèbres de la créature aux doigts décharnés, au contact repoussant, mais au timbre envoûtant, presque captivant… maladive mort, dame dont le souffle putrescent ne cesserait jamais d’emporter dans son giron des âmes fauchées avec indifférence.

« Il y a des nuits qui savent écarter leur rideau de pluie pour souhaiter la bienvenue à une douce lueur venue les éclairer, étinceler sous l’immensité de leur manteau de soie obscure. » laissa-t-il filer près de sa peau, expirant un souffle bien trop froid pour qui savait reconnaître l’infime différence qui se tissait avec les mortels, tandis que ses doigts s'évaporaient de son regard, dérivant sur les courbes délicates de ses traits, de sa gorge. « J’ai si faim des saveurs qui pourraient s’épanouir sur tes lèvres… » ajouta-t-il d'un timbre profond, presque trop sourd, avant de laisser ses lèvres ébaucher traitreusement sa joue… « Bonsoir Lux. » … ses doigts venant se recueillir entre les siens à l'instant où il se détachait d'elle, tout en la guidant vers cette porte qui n’attendait qu’eux, vers cette nourriture qu'ils ne pouvaient se permettre de laisser refroidir.
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Evanescence   2/6/2010, 08:34


Ce n’était jamais plus qu’un simple rendez-vous, de ces rencontres à l’issue on ne peut plus inconnue et durant lesquels le destin ne laissait guère de place au hasard, quel qu’il soit. Une entrevue quotidienne et pourtant si différente des autres à certains égards, et dont la créature au regard unique et à l’âge incertain craignait déjà le commencement comme le plus fervent des croyant pouvait craindre l’arrivée de l’antéchrist sur Terre. Une appréhension infondée se muant en un lourd poids au creux de l’estomac encore vide et nouant doucement la gorge de la belle. Peut-être n’était-ce rien d’autres qu’une simple entrevue et pourtant que ne pouvait elle déjà espérer plus voire son contraire, une annulation de dernière minute qui s’indiquerait sur son téléphone portable ou qui viendrait doucement faire écho à l’intérieur de son esprit… Mais plus les heures et les minutes défilaient, et plus la révocation de cette rencontre devenait une option inenvisageable, obligeant dès lors la belle à l’adolescence figée à repousser sa crainte, quelle qu’elle soit, pour chercher à l’intérieur de sa garde-robe une tenue adéquate, susceptible de plaire à celui avec qui elle partageait sa propre vie mise en suspens par le poids d’une immortalité si perpétuellement mise à l’épreuve. Le choix était immanquable, et pourtant, combien de robes terminèrent au sol sans que la jeune fille ne daigne leur laisser ne serait-ce que l’ombre d’une chance ? Bien trop, hélas, jusqu’à ce que ses prunelles d’un violet lilas ne se pose sur une de ces robes noires, si légère à sa manière, vaporeuse à certains endroits. La seule tenue qui eut grâce aux yeux candides de la marquée qui sut dès lors ce qu’elle porterait à cet entretien un peu moins redouté à mesure que les secondes glissaient. Et sans savoir pourquoi, la douce poupée demeurait intimement convaincue qu’en cette nuit, elle se devait de plaire à son maitre, se mettre en valeur sans en faire trop pourtant… Une attention délicate à l’égard de celui qu’elle pouvait fuir tout en cherchant le réconfort de ses bras, qu’elle embrassait ces matins avant de partir, lorsqu’il rejoignait les bras d’une quelconque divinité capricieuse, sans jamais réitérer cet acte lorsqu’il était réveillé. Étrange paradoxe dont elle ne comprenait pas le sens, n’y voyant pour explication que cette fascination qu’elle éprouvait à son encontre, à chaque soirée, et ce depuis un demi-siècle déjà …

L’Inde avait été le témoin de leur rencontre, de leur union spirituelle qu’un serment joignait. Les mots d’un ancien maitre étaient ils à ce point aussi forts pour lier à la vie à la mort ces deux êtres qui ni de noir ni de blanc ne se connaissaient ? Combien de larmes avait-elle versée lorsqu’elle avait sut qu’il la livrait à un homme sans doute bien moins conciliant que lui ? Elle qui ne croyait que si peu en la bonté des hommes avait douté de celle de celui à qui elle serait attachée par la dernière volonté d’un vampire si peu désireux de continuer à vivre. Comment oublier cette nuit où elle fut présentée à celui qui avait vu Rome tomber, dans une tenue locale reflétant son désir de connaître et de s’imprégner de la culture de l’endroit où ils se trouvaient… d’un sari blanc encore simple à une longue tresse à l’intérieur de laquelle était piquée une fleur, à défaut de bijoux qu’elle jugeait bien trop lourd. Avait-elle eut ce désir de lui plaire alors ? Elle ne saurait le dire encore, et pourtant, elle ne pouvait nier cette étrange fascination dès lors que ses yeux violets se posèrent sur lui, sensible au charme certain qu’il dégageait lorsqu’elle demeurait insensible à celui de son vampire actuel. Elle n’avait alors pas comprit, ne comprenait toujours pas… demain peut-être. Et pourtant, que n’avait elle de cesse de lui en faire voir de toutes les couleurs, attitude presque involontaire de l’adolescente dont le caractère était bien trop affirmé pour se taire. Comme un besoin de faire des erreurs pour se faire pardonner, comme une nécessité irrépressible de le voir en colère, le désir de l’affronter et de se soumettre à son autorité qu’elle cherchait pourtant toujours à fuir. Une contradiction à l’état pur avec ce qu’elle ressentait pourtant au fond d’elle, ces étranges émotions dont elle ignorait tout, son cœur éteint depuis bien trop longtemps. Giddéon l’avait-il deviné ? Sa perspicacité était-elle a ce point si aiguisée pour deviner qu’un homme tel que celui auquel elle était liée maintenant ne pouvait que lui plaire sur tous les plans possibles ? Car oui, elle aimait sa culture, sa façon de penser, de s’abandonner à l’art… d’être lui. Plus encore, elle qui avait fait serment de chasteté perpétuelle avait cédé à cette simple impulsion tiraillant son bas-ventre, l’exhortant à se glisser dans sa chambre quelques heures après le coucher du soleil pour s’y offrir, à en délaisser raison pour céder à la folie que ses caresses accentuaient, que ses baisers ancraient au fond d’elle. Cela n’avait pas de sens, et en cette soirée encore, elle ne comprenait toujours pas, sans jamais rien regretter pourtant… Hasard ou non, il demeurait pourtant certain que le destin s’en était quelque part mêlé.

Claquant doucement la portière de la voiture, un léger bruit automatisé vint indiquer que cette dernière était fermée, assurant à la jeune fille un souci en moins, bien que le quartier ne soit certainement pas des plus dangereux, assuré sans doute par la magie des sorcières dont elle faisait autrefois partie. Glissant doucement sur le trottoir, elle réajusta son long manteau couleur de la nuit et couvrant sa tenue. Elle sentait l’air frais s’engouffrer doucement sous sa robe, caressant cette infime partie de peau nue qui n’était ni protégée par la robe, ni par ses bas, sans lui arracher de frisson pourtant malgré son insistance, ne venant même pas ôter un soupir agacé de ses lèvres rosées. Elle paraissait si délicate dans cette tenue de poupée psychédélique, et pourtant, elle était si dangereuse que ses éternelles dagues demeuraient cachées quelque part sous cette robe, sans que l’on ne les devine pourtant, prête à l’emploi au moindre bruit suspect. Une habitude qui n’avait jamais quitté la jeune fille depuis … depuis ce passé qu’elle avait cherché à oublier, l’enterrant quelque part, loin dans son esprit, n’en ressortant jamais les souvenirs, heureux ou non. Cette vie n’existant plus dans le cœur de la jeune enfant, remplaçant la douce et délicate Lux par cette Naamàh bien moins tendre et qui ne s’effaçait que si rarement. « Lux ». Ses maitres continuaient de l’appeler ainsi, telle une douce prière pour la faire revenir, égérie dont on ne connaissait rien, mais que l’on ne pouvait que chercher à connaître… Un jour sans doute… jamais peut-être. C’était là une demande qu’elle n’était pas certaine de pouvoir exaucer, ayant oublié comment elle était autrefois, de cette manie qu’elle avait de courir pieds nus dans les herbes hautes, de cette façon de danser sous la pluie comme sous la neige… jusqu’à ce rire qui n’avait plus franchi ses lèvres depuis ses quinze ans. Avait-elle été heureuse une seule fois depuis sa seconde naissance ? Une question sans réponse…

Et alors qu’elle avançait, une boule se forma doucement dans le bas-ventre de la jeune fille, étrange appréhension qui revint la hanter alors qu’une ombre se faufilait doucement derrière elle, sans qu’elle ne ressente la présence d’un quelconque individu, sans qu’elle ne s’en doute, faisant d’elle cette proie sans défense en l’instant. Ce ne fut qu’au dernier instant qu’elle s’en rendit compte, alors qu’une ombre vint cacher son regard unique, alors que le parfum de son vampire venait l’entourer, tel un second manteau suffisant à réchauffer son cœur. Alors, se pliant à ce jeu, la belle cessa ses pas et tout mouvement, un si léger sourire venant naître sur sa fine bouche. « Il y a des nuits qui savent écarter leur rideau de pluie pour souhaiter la bienvenue à une douce lueur venue les éclairer, étinceler sous l’immensité de leur manteau de soie obscure. » glissa t’il doucement, son souffle glacé s’attardant sur sa peau alors qu’elle demeurait au silence, son cœur battant d’un rythme si irrégulier que l’on ne savait guère si c’était de peur ou de cette douce excitation précédant l’instant charnel. Ses doigts sur sa peau, délivrant ses yeux aveugles, dérivant doucement jusqu’à sa gorge à en arracher un doux frémissement s’attardant le long de son être… Cette chair de poule comme on l’appelait si communément… « J’ai si faim des saveurs qui pourraient s’épanouir sur tes lèvres… » Et déjà son corps se pressait doucement contre le sien, sans chercher pourtant à s’y apposer, tandis que les lèvres de son maitre s’attardaient déjà sur sa peau, à lui en faire désirer un baiser ou plus encore… « Bonsoir Lux. », ce timbre de voix… Elle ne savait y résister, comme si son être s’y refusait tout simplement malgré toute la Raison du monde… « Elisius… » laissa t’elle doucement filer entre ses lèvres, la gorge sèche quand déjà il s’éloignait doucement d’elle, glissant ses doigts entre les siens à la manière de ces amants discrets.

Se laissant mener à la librairie qu’il possédait et dans laquelle elle aimait parfois s’attarder pour s’évader, elle chercha à reprendre un tant soit peu de contenance, laissant son regard unique glisser autour d’eux, en alerte constante quant à un quelconque danger qui n’existait pas ce soir pourtant… Mais ne dit-on pas « Prudence est mère de sureté » ? On ne pouvait décemment pas lui reprocher de veiller à la sécurité de celui qu’elle aimait d’un amour inconditionnel sans le savoir, ainsi que la sienne. Et une fois à l’intérieur, se découvrit de son long manteau, percevant avec agréable surprise l’ambiance créée, humant doucement l’odeur de ce repas qui l’attendait et qu’elle partagerait d’une manière intime avec son maitre… « Vous ne cesserez jamais de me surprendre… » glissa t’elle doucement à son encontre, son visage se tournant vers le sien tandis que ses doigts revenaient doucement glisser dans sa main, quelques secondes avant qu’elle n’embrasse sa paume d’un respect mêlé de son sentiment contradictoire par instant… Se laissant de nouveau guider vers la table, ses talons claquant doucement sur le sol, elle ne put brider sa curiosité plus longtemps, laissant de nouvelles paroles dériver de ses lèvres tandis qu’elle prenait place, redécouvrant d’une façon différente l’atmosphère des Indes, se laissant bercer par cette magie qui n’en était pas réellement une… « Qu’avez-vous préparé ? »
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Evanescence   2/6/2010, 21:24

Combien de manière d’aimer existait-il en ce bas monde ? L’amour avec un A, l’amour courtois, l’amitié, l’amitié améliorée, la passion dévorante, l’obsession frémissante, la filiation, la fraternité, … Et tant d’autres encore, tant d’autres, mais seulement certaines d’égarées dans l’ombre de son existence, clairsemées dans les venelles empruntées, murmurant des songes ou des idées, indolentes de créativité. Pourtant, comment déterminer avec précision celle qui le liait à la jeune femme qui s’était accolée contre lui sous l’errance capricieuse de ses lèvres devenues si chastes en cette seconde ? Alors que quelques nuits plus tôt, il avait eu l’honneur d’errer sur son être d’une manière si différente, tout comme elle-même, allant jusqu’à s’abreuver à sa gorge pour partager cette osmose qui n’existait que dans l’ombre de cette étreinte, qui offrait dès lors aux relations charnelles leur véritable teneur, qui auparavant n’était que courtoise.

« Elisius... »

Il avait perçu le doux fredonnement de son prénom, s’échouant au bord de ses lèvres qui avaient secrètement désiré bien plus, le simple langage de ses courbes, des lignes lascives de son être, le suggérant bien mieux que des mots glissés avec indolence. Il le savait, mais n’avait jamais eu le désir d’abuser de cette douce créature qui était originairement si sensible, si… blessée par les hommes. Il se souvenait de ce que Giddéon lui avait confié, il se souvenait également du fait qu’il lui avait murmuré qu’elle ne l’avait perçu comme un éventuel amant, et Elisius se doutait que ce dernier avait dès le départ eu dans l’idée que son mentor pourrait fort bien l’aider à se remettre, tant il était… Au diable l’ignorance fredonnée des mystères ! Il fallait reconnaître que l’ancien possédait ce charisme, tout en étant d’une intemporelle modestie, malgré ses talents, malgré ses connaissances, jamais il ne se poserait en maître suprême, aimant bien trop ces frêles créatures qu’il protégeait. Et s’il était capable d’entraver les faits et gestes de celle qui le suivait à présent, tous ses sens en alerte, quand lui-même ne ressentait rien dans la fragrance les enveloppant de dangereux, il ne le ferait que si cela se révélait nécessaire. A vrai dire, c’était comme si l’obscurité elle-même s’était nourrie des êtres qui cheminaient en son sein, de manière à les laisser dans une solitude presque trop habituelle.

Refermant silencieusement la porte derrière eux, porte qui s’était entrouverte sur un léger carillon, de manière à ce que ses employés, puissent percevoir la moindre personne franchissant ce passage, qu’ils soient ou non humain, car lui n’en aurait pas eu besoin, le moindre de ses sens naturellement intensifiés par le simple fait d’être un vampire ; il délaissa ses doigts, recueillant naturellement son vêtement pour le placer en compagnie du sien sur le porte-manteaux se trouvant à l’entrée. Mais déjà, alors qu’il délaissait sa tâche pour se retourner vers elle, les doigts de sa mystérieuse apparition se glissèrent entre les siens, paume contre paume, tel un pieux baisé comme l’avait fredonné une Juliette Shakespearienne, à un jeune mortel sous l’inconstance d’une passion dévorante, destinée à la destruction pure et simple. D’une beauté funeste, il avait vu cette pièce jouée dans ses toutes premières fois, fasciné qu’il était par toutes les formes de l’art.

Il aurait aimé, au fond, pouvoir y emmener la jeune femme, lui faire découvrir ce qu’autrefois signifiait le théâtre, mais peut-être avait-elle partagé ce genre d’instants avec Giddéon, il ne s’était jamais renseigné, n’avait jamais posé cette frauduleuse question. Après tout, il avait beau avoir aimé son infant d’adoption, il se souvenait encore de la rancœur qu’elle leur avait destiné à tous les deux, les abreuvant d’une telle manière qu’il avait évité le sujet de son mieux, bien qu’il existait, qu’il serait éternellement là. Peut-être ce soir serait-ce le bon moment pour reparler de ce qu’ils avaient pu faire ensemble, à l’exception de l’aider à accomplir sa vengeance. Peut-être.

« Vous ne cesserez jamais de me surprendre… » lui souffla-t-elle alors, l’extirpant de ses nouvelles pensées sous ces paroles presque trop silencieuses, alors qu’elle menait ses lèvres à sa paume, ou plus exactement l’intérieur de sa main à ce baiser qui était porteur de tant de choses, mais également de respect, sans que l’un ou l’autre ne puisse parfaitement percevoir de quoi il retournait.

Peut-être pour la simple et bonne raison qu’ils étaient tout aussi doués l’un que l’autre pour s’ensevelir sous la déraison de l’incompréhension de leurs propres sentiments… alors ceux des autres, même d’une personne qui lui était aussi proche, cela relevait de… En réalité, s’il s’y était attardé comme il l’aurait dû, peut-être aurait-il déjà compris, comme il en allait pour Zarha, bien que dans son cas, cela n’était que pire, puisqu’il ne s’agissait que de supposition en fonction de l’interprétation de ce qu’il faisait de ses actes, de ce que sa capacité était capable de puiser dans l’esprit de la jeune femme un peu trop… trop… Pourquoi vouloir paraître meilleur que ce que l’on était ? Il avait toujours préféré l’honnêteté au moindre mensonge divaguant, s’écoulant sur le versant des existences, ou de l’éternité blafarde des êtres sans fin.

Esquissant finalement un simple sourire teinté de mystères tout en l’entraînant à sa suite en direction de la fameuse table qu’il avait dressé, comme s’il était capable de sous-entendre qu’il en serait toujours ainsi, du moins l’espérait-il, sinon qu’aurait-il pour lui face à cette jeune femme qui ne semblait capable de vivre aussi simplement que lui lorsque la rancœur se tissait… N’avait-il d’ailleurs pas récemment découvert ce pacte idiot passé avec une jeune vampire… jeune était un bien faible mot sans doute, car elle avait bien plus de cent ans, et lui rappelait d’une manière intolérable la première immortelle avec laquelle il avait partagé ses draps, sans qu’aucune explication logique ne vienne s’abrutir dans son esprit. Elle n’avait aucun de ses traits, juste cette même essence… cette même aura… à croire que l’indolente érudite si cruelle, avait trouvé le moyen de sauver ce que l’on appelait son âme pour revenir hanter la corps d’un nouveau-né bientôt transformé en vampire.

« Qu’avez-vous préparé ? » demanda-t-elle tandis qu’elle s’asseyait face à une assiette encore vierge de nourriture.
« Quelque chose qui devrait te plaire… mais ne te méprends pas sur la fragrance qui nous entoure… le santal s’allie si bien aux parfums des livres que j’ai pensé qu’il serait agréable de sombrer à nouveau dans ce pays qui fut témoin de nos premiers échanges. D’ailleurs… le véritable dessert ce soir, sera de te sustenter à mon sang de la manière qu’il te plaira, tu n’auras qu’à désirer pour obtenir. » lui soufflait-il sous une œillade appuyée, comme s’il lui offrait un juste retour des choses face à l’intimité qu’ils avaient partagé quelques temps plus tôt.

Qu’elle veuille, qu’elle prenne… il ne lui refuserait rien. Néanmoins, lui n’était pas resté immobile durant ces quelques secondes, et tenait entre ses doigts un mince foulard de soie sombre, qui semblait fait pour ébaucher une chair offerte et frémissante, frêle étoffe qui aurait pu trouver place dans n’importe quel jeu érotique se glissant dans une relation, qu’elle soit d’aujourd’hui ou d’autrefois. Mais il n’avait néanmoins aucune idée salace en tête, désirant juste lui offrir une nouvelle manière de partager cet instant, tandis qu’il s’insinuait derrière elle, faisant chuter le tissu devant ses yeux, lui donnant l’opportunité de refuser si elle le désirait, avant de le nouer à l’arrière de sa tête, privant son regard de ses perceptions habituelles, quand tous ses autres sens devaient être exacerbés par cette simple privation. Et à nouveau il s’écarta, revenant placer le plat sur la table… dévoilant une senteur fraîche et douce qui s’entremêla aux effluves indiennes, tandis qu’il menait une bouchée à ses lèvres, lui-même assis à une distance si frêle de son être que son genou effleurait avec indolence sa cuisse.

« Laisse-toi juste emporter par ce que tes sens te laisseront ressentir… J’ignore si tu as déjà fait cela avec Giddéon, et à vrai dire, j’ignore beaucoup de choses à ce sujet, mais cela rendra tes autres sens plus sensibles au moindre effeuillage. » lui souffla-t-il si près de son oreille, tandis qu’il se préparait également à ressentir la saveur de la nourriture qu’il avait lui-même préparée. « Ouvre les lèvres… » laissa-t-il s’échapper d'un timbre plus sourd, tandis que son souffle s’écrasait contre la chaleur de sa peau, comme si cette proximité n’avait rien de trop suggestif, comme si…

Mais comme vous le diraient certains, tout rapprochement, même sans contact, avec un être des ténèbres, avait ce petit quelque chose de ténébreusement sensuel. Et peut-être qu’à cette frauduleuse seconde, l’ébauche suggestive de ces souvenirs bien trop frais ne faisait qu’accentuer l’intensité de cet instant pourtant d’une banalité troublante.
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Evanescence   4/6/2010, 17:13

Dame confusion tenait sous son joug la jeune fille, ne lui laissant guère de répit pour réfléchir correctement à la situation dans laquelle elle venait de plonger, tête première. Car comment réagir face aux émotions qui avaient autrefois quitté son cœur devenu de pierre et qui revenaient à l’assaut, rongeant l’organe battant d’une peur indicible chaque fois que le maitre et premier véritable amant de la belle se trouvait dans les parages. L’obligeant à se montrer plus paradoxale que jamais, quémandant un baiser pour détourner le visage au dernier instant, à chercher le réconfort de ses bras pour le fuir au premier pas dans sa direction… Dans cette même contradiction, n’avait-elle pas, quelques nuits plus tôt, parjuré son serment pour glisser contre sa peau, découvrir le maitre de son âme et de son destin d’une façon dont elle se croyait encore incapable, s’abreuvant de sa chair, de ses baisers et de ses caresses, jusqu’à chercher à le posséder en son entier ? À se faire plus proche de lui que jamais, à ne faire qu’un et pleurer sous les assauts de ses sentiments opposés à ses serments, jusqu’à vibrer sous l’explosion de joie de son être qu’une morsure à sa gorge offerte vint accompagner, la laissant tremblante et apaisée lorsque son amant retomba a ses côtés. Et si elle ne comprenait pas comment tout cela avait put arriver, elle ne parvenait pourtant à le regretter, ne sachant pourtant toujours pas comment réagir à cette suite d’évènements… Mais elle ne soufflait mot, gardant ses innombrables questions pour elle. Plus encore, elle cherchait à faire taire son cœur qui s’emballait dès que le vampire se trouvait en sa présence, comme en cet instant, glissé derrière elle et apaisant la demande de sa peau de goûter de nouveau ses lèvres, de s'étancher de son souffle glacé, aussi chaste soit la consolation. Qu’importe après tout, si sa seule présence parvenait à la mettre dans certains états, elle s’en contenterait, se satisferait des seuls restes qu’il lui donnerait, d’un mot, d’une caresse … Parce qu’il était le maitre, sous bien des définitions, parce qu’elle était son esclave, sa servante, la concubine qui n’assouvit que certains désirs. C’était là son rôle, soumise au moindre caprice de celui qu’elle avait eu tant de mal à laisser entrer dans sa vie dans le passé et qu’elle ne voulait plus quitter aujourd’hui. Mais le savait-il seulement ? Pouvait-il imaginer la dévotion qu’elle lui portait depuis le premier regard, cette étrange fascination muée en tentation dévorante glissant à l’intérieur de ses iris pourpres et qu’un seul de ses battements de cils faisait disparaître ? Elle aurait aimé qu’il le sache, qu’il le devine sans qu’elle n’en souffle l’indice…

Et à l’instant même où la porte de la librairie se referma derrière eux, la jeune fille se sentit étrangement apaisée, comme si l’endroit en lui-même possédait ce don intime de calmer les anxiétés… Était-ce alors l’ambiance du moment où la présence de ces livres qu’elle appréciait tant ? Les deux peut-être… A moins que ce ne soit l'affection pour cet endroit tout simplement. Elle qui aimait tant les livres et la connaissance se sentait un peu comme chez elle ici… Délaissant son long manteau entre les mains de son maître, Lux eut tôt fait de reconnaître les senteurs du passé, la ramenant au pays de cette première rencontre et de ce mariage éternel, lui arrachant cet étrange sourire alors qu’elle plissait un pan de sa courte robe, pour venir ensuite chercher la paume délaissée de son vampire. L’un des seuls gestes émotionnels qu’elle s’autorisait en sa compagnie en vérité, n’illustrant ni la véritable tendresse qu’elle lui portait, ni même l’authentique teneur de leur lien. Un comportement qu’elle n’avait jamais réellement eut avec son précédent maître, ne lui accordant jamais l’affection d’une compagne à son amant, se contentant d’être fille d’un père qui ne l’était pas et qui sans doute aurait aimé plus… se faisant distante lorsqu’il pouvait en arriver à se montrer entreprenant. Elle ne l’en aimait pas moins, adolescente un peu moins capricieuse qu’elle ne l’était désormais… Mais jamais elle n’aurait pu céder à l’impulsion de ces sentiments qui n’existaient pas lorsqu’elle était encore avec lui… Le passé pourtant, devait demeurer là où il se trouvait… car comment expliquer la douleur qui étreignait l’âme de la jeune fille lorsque le souvenir de Giddéon lui revenait en mémoire ? Il avait été là pour elle, elle ne saurait l’oublier … toutefois ne demeurait-elle pas douée pour envelopper l’autrefois d’un voile qu’elle ne soulèverait pas ? Enfouir les souvenirs pour ne jamais les ressortir … Son défaut principal parmi tant d’autres …

Et pourtant, imaginait-elle en cet instant que telle était l’une des intentions de son vampire, alors qu’elle ne lui cachait pas sa surprise, appréciant cette initiative tout en le remerciant d’un baiser respectueux… De ceux qu’elle n’accordait pas si facilement, et dont le sens caché lui échappait encore, la fuyant tant qu’elle ne réglait pas les problèmes qui hantaient son cœur, fantômes d’un autre monde qu’elle avait délaissé sans même se retourner, sans même en faire un deuil qui n’aurait pourtant été que nécessaire. Elle voulait pourtant comprendre ce qui la reliait de cette façon à l’ancien romain… Pouvait-ce être réciproque, ou demeurerait-elle seule dans ce rêve éveillé ? Etait-ce seulement quelque chose de réel ? Le mystère demeurait complet, venant se répercuter sur les lèvres de la créature nocturne qui l’invita à prendre place à la table dressée qui n’attendait plus qu’elle en vérité. Et la curiosité s'affûta, alors qu’elle cherchait déjà à savoir ce qu’il avait préparé… « Quelque chose qui devrait te plaire… mais ne te méprends pas sur la fragrance qui nous entoure… le santal s’allie si bien aux parfums des livres que j’ai pensé qu’il serait agréable de sombrer à nouveau dans ce pays qui fut témoin de nos premiers échanges. D’ailleurs… le véritable dessert ce soir, sera de te sustenter à mon sang de la manière qu’il te plaira, tu n’auras qu’à désirer pour obtenir. » Ainsi donc… Rien qui n’ait un rapport avec les Indes, cette contrée qui avait vu leurs premiers pas ensembles, qui avait eut mille et une suppositions sur la relation que pouvaient entretenir les deux hommes avec la jeune fille qu’elle était. Mais seule l’ambiance de cet endroit lointain viendrait accompagner leur rendez-vous… Et pourtant, la dernière partie de la phrase fut celle qui toucha le plus la créature encore humaine, venant la farder d’une rougeur équivoque sous le regard appuyée de celui avec qui elle avait partagé une nuit bien trop intime pour être contée. « Tu n’auras qu’à désirer pour obtenir… » Cette simple phrase vint raisonner à l’intérieur de son esprit… Cela ne pouvait fonctionner ainsi… Cette nuit où elle avait aimé après 362 ans d’abstinence s’était faite si naturellement que cela ne pourrait que se refaire de cette façon… Elle ne pouvait pas se permettre de désirer, de vouloir… Etait-ce seulement dans sa nature ? Et plongée dans ses songes, elle ne le vit pas revenir à elle, laissant échouer un foulard de soie noire devant son regard unique. Un foulard pour cacher sa vision et accentuer peut-être ses autres sens. Elle ne lui refusa pas cette requête, laissant un mince sourire quasi imperceptible venir s’échouer sur ses lèvres tandis qu’il nouait le tissu à l’arrière de sa tête… Elle n’avait désormais d’autres choix que de compter sur ses autres sens demeurant, un exercice qui n’était pas tant difficile, puisqu’ils étaient déjà aiguisés par sa marque… Alors le jeu commença, alors qu’elle l’entendait s’éloigner d’elle, pour revenir entouré de nouveaux arômes, sans qu’elle ne parvienne toutefois à en reconnaître, tant elles se mêlaient si bien aux autres… Seul le goût pourrait désormais l’aider, puisque l’odorat parvenait à se faire tromper.

« Laisse-toi juste emporter par ce que tes sens te laisseront ressentir… J’ignore si tu as déjà fait cela avec Giddéon, et à vrai dire, j’ignore beaucoup de choses à ce sujet, mais cela rendra tes autres sens plus sensibles au moindre effeuillage. »… Il avait cette façon de rendre chaque scène banale des plus troublantes… plus sensuelles aussi. Ce que n’avait jamais eu son ancien maitre. « Nous n’avions pas ce genre… de familiarité. Giddéon aimait se rendre dans les restaurants, ou que je cuisine … bien qu’il se plaignait toujours que j’épice trop mes plats… » Esquissa t’elle dans un sourire nostalgique, avant de répondre à son ordre en ouvrant ses lèvres et laisser le vampire lui confier le soin de les régaler tous deux. A l’instant même où la nourriture gâta son palais, elle sut à peu de détails près à quoi elle avait à faire. La cuisson était parfaite, et elle ne pouvait que s’étonner de ce talent que le vampire possédait… Alors elle se concentra sur la nourriture, mâchant doucement le poisson, à en reconnaître le goût… « Saumon. » laissa t’elle échapper, après avoir avalé cette première bouchée, curieuse de la suite des évènements, et ne parvenant pas encore à reconnaître les autres saveurs qui l’accompagnaient… « Y’a t’il une seule chose que vous ne sachiez faire Elisius ? » le questionna t’elle, désireuse peut-être d’en savoir un peu plus désormais sur l’homme avec qui elle s’était unie il y avait près de cinquante ans maintenant par le sang, et par la chair depuis quelques nuits, sans jamais chercher à savoir qui il pouvait réellement être,
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Evanescence   13/6/2010, 12:09

« Nous n’avions pas ce genre… de familiarité. Giddéon aimait se rendre dans les restaurants, ou que je cuisine … bien qu’il se plaignait toujours que j’épice trop mes plats… »

Un sourire éclaira son regard sans s’étendre à ses lèvres, amusé qu’il l’était à l’évocation de la bienséance de Giddéon… Cela voulait-il dire que lui n’en faisait pas preuve ? Pourtant il ne faisait rien d’inconvenant… il avait connu de plus abyssales familiarités durant sa longue existence, et dernière avec la jeune femme qui s’était offerte à lui. Pourtant certain qu’elle n’en avait fait de même avec quiconque, certain, parce que son infant d’adoption le lui avait confié. Quant aux épices… par tous les Dieux imaginaires ! Comment trouvait-il le moyen de se plaindre alors qu’il pouvait ainsi retrouver le goût de la nourriture, et puis s’il n’était pas satisfait, pourquoi ne se mettait-il pas au fourneau, pourquoi… Peut-être parce qu’il ne savait pas cuisiner… Mais au fil des siècles, Elisius avait appris, côtoyé des êtres dont il avait gravé les gestes dans son esprit, de même qu’il avait la chance d’avoir une… hum, comment cela s’appelait-il déjà ? Une console… qui fournissait à la manière d’un livre une multitude de recettes diverses et variées, avec une vidéo si besoin était, et une infinitude de mets qui s’y glissaient selon ses désirs.

Cela n’avait bien évidemment pas la même vie qu’un livre dont on effleure ses pages… trésors qui un jour finirait sans doute par disparaître sous l’avancée sournoise de la technologie… et peut-être qu’à ce moment-là, il préférera oublier le monde plutôt que de continuer à y vivre. Peut-être… Il n’en était pas certain lui-même, mais s’il perdait ce qui avait depuis toujours motivé son existence, comment pourrait-il s’y habituer réellement ? Vivre en compagnie des ordinateurs, des Ipad, etc. était une chose… vivre sans les livres… Mais oubliant ces sombres pensées qu’il chassait toujours sans trop s’y attarder, il s’inclina vers elle, tandis que glissait le met entre ses lèvres délicates, son souffle plus froid s’attardant sur la ligne de son oreille.

« Me trouverais-tu donc trop familier pour toi ? » lui demanda-t-il avant de la laisser se concentrer sur ce qui se trouvait sur son palet, et dont lui-même apprécia le contact, comme si le met fondait sur sa langue, le laissant clore brièvement ses paupières comme pour s’abîmer dans cette frauduleuse sensation, qui était au fond d’une familiarité sans nom. Si seulement elle avait conscience de cette sournoise intimité qui se créait sous ce partage, sous cette communion des sens…
« Saumon. »

Un véritable sourire étira ses lèvres sous la réponse qu’elle offrit… oui, du saumon. La saveur particulière du poisson ne pouvait être autre, bien trop caractéristique, mais également des plus douces. A son sens, c’était sans doute l’habitant de la mer à la saveur la plus agréable, parce que cette chair rosée fondait sur la langue sous cette cuisson passagère, paraissant plus savoureuse encore sous la sauce qui l’accompagnait. Il avait fait un bon choix, véritablement. Mais alors qu’il s’apprêtait à placer du riz parsemé légèrement de sauce sur la fourchette, le timbre de la jeune femme s’éleva sous une interrogation judicieuse, bien que fastidieuse…

« Y’a t’il une seule chose que vous ne sachiez faire Elisius ?
- Me prendrais-tu pour un dieu ? » souffla-t-il, bien plus amusé par ce que l’on avait dit de lui lors de sa transformation… lui laissant entendre qu’il faisait parti du cortège des dieux nordiques. « J’ai eu énormément d’années pour apprendre ce que je sais, mais le monde est si vaste, si complexe, qui pourrait prétendre savoir faire tout ce qu’il contient ? Je ne sais par exemple pas sauter en parachute, bien que la sensation doit-être intéressante. » laissa-t-il filer, un éclat amusé dansant sur le timbre de sa voix. « Je ne connais plus ce que l’on ressent sous l’effleurement du soleil sur sa peau, je me souviens qu’il pouvait être chaud… mais il ne l’a plus été pour moi depuis tant d’années qu’il m’arrive d’en douter. Je ne sais plus frissonner non plus… le vent pourrait être glacé qu’il me laisserait indifférent… et le mimétisme n’est rien à mes yeux. »

Déjà il s’interrompait, stoppant là son laïus qui pouvait passer pour plaintif quand il n’en était nullement question. Jamais il ne regretterait ce qu’il avait perdu pour ces siècles qui lui avait tant offert. Ses plus infimes regrets se situaient à bien d’autres niveaux, et comment comprendrait-elle que les siècles n’étaient parvenus à les étrangler ? Et il n’était nullement question de trois ou quatre siècles, mais bien de seize. S’il venait à lui confier ces détails sournois, pourquoi tenterait-elle d’endiguer la colère, la vengeance qui balbutiait sans cesse une litanie d’horreur dans les tréfonds de son âme qu’elle avait lié aux ténèbres depuis tant d’années. Ainsi, comme s’il venait de reprendre son souffle, il continua :

« Ne va pas t’imaginer que je considère mon état comme une malédiction, ou que de véritables regrets enlisent mes gestes. Je ne pouvais rêver mieux que de vivre l’histoire selon mes désirs, mes envies, mes passions, mes amours, et rien ne remplacera ce cadeau d’un faux dieu. » ajouta-t-il dans un souffle passionné.

Ses doigts tiédis venant naturellement s’emparer de l’une des mains de la jeune femme, incitant sa paume à se perdre dans la contemplation du ciel, tandis que lui-même venait ébaucher d’un baiser la peau soyeuse de son poignet. Son pouce l’effleurant ensuite sous une suggestivité brumeuse, tandis que ses pensées poursuivaient leur cour, l’entraînant loin, si loin, comme s’il n’existait plus de réalité, comme si tout ceci n’était que le reflet maladif d’un songe éconduit aux portes du paradis.

« T’arrive-t-il de regretter de ne pas l’avoir suivi dans sa tombe de poussière ? » laissa-t-il s’esquiver de ses lèvres d’une voix subitement pensive, alors que son regard revenait se braquer sur ses traits.

En vérité, qu'est-ce qui pouvait bien le pousser à s'inquiéter de cela ? Parce qu'il n'y avait que les sensations, les sentiments, mais aucune véritable pensée qui parvenait à se glisser à ses côtés. Lui qui pouvait s'enliser dans tant d'esprit se voyait refuser le sien, ignorant ce qu'elle aurait désiré au fond d'elle, véritablement. Se raccrochait-elle à la vie pour lui éviter de périr ? Ou bien... ou bien... Car n'avait-elle pas laisser tomber cette autre nuit ses résistances, peut-être était-ce d'ailleurs l'une des raisons de sa déchéance. Il ignorait la vérité, et il désirait la connaître plus que tout en cette seconde.
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
 
 
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Evanescence   16/6/2010, 10:02

Elle ne pouvait voir son sourire, et pourtant, elle le percevait comme si ses yeux violets s’étaient portés sur ses lèvres. Malgré tout pourtant, son regard demeurait clos derrière le carré de soie noir, jouant le jeu de la manière d’une novice, se délectant d’avance des surprises de son vampire, imaginant peut-être à tort l’érotisme soufflé à travers ce jeu. C’était tentant d’une façon, excitant d’une autre. Plus encore lorsqu’elle sentait son être frôler le sien sans qu’une impatience ne soit perçue, sans que l’idée même de pouvoir assurer une nuit semblable à une autre n’effleure les esprits. Le tout inné, le tout dissimulé et sournois. Sur ce point, Giddéon avait su voir, deviner et présager. Elisius était faite pour elle, de la manière d’un vampire à sa marquée, d’un amant à une femme… Patient sur tous les points, et détaché. En cela, elle le fuyait, ne pouvant se résoudre à souffrir telle ces autres femmes éperdues d’amour ou tout simplement un peu trop fascinées par les vampires à en perdre raison. Car n’était-ce pas cela qu’elle ressentait chaque fois qu’elle se trouvait en sa présence ? Une fascination sans nom, ce besoin de lui plaire de toutes les manières possibles, de ne pas le décevoir… Cette peur indicible de lire de la déception dans son regard. Elle ne craignait que trop une quelconque colère de sa part, bien qu’elle ne l’ait jamais vu se mettre dans un tel état. En l’instant pourtant, c’était une forme d’excitation qu’elle ressentait, au même titre que la curiosité. Ce besoin de savoir la suite des évènements, le déroulement de la soirée… « La curiosité est un vilain défaut. » lui aurait soufflé Giddéon s’il avait été là, mais la patience pouvait être le fort de la jeune fille, tout autant que l’impatience … un trait de caractère qu’elle ne parvenait pas tout à fait à maitriser, capricieuse à certains instants, véritable adulte à d’autres.

Et en cet instant, la jeune fille se faisait douce et patiente, profitant d’un instant de sérénité, profitant de la présence de son vampire, frémissant comme si un courant d’air était venu caresser sa peau alors qu’elle sentait le genoux d’Elisius frôler sa cuisse. Par tous les Dieux existants, se pouvait-il qu’il le fasse exprès ? Elle en doutait sincèrement, « Me trouverais-tu donc trop familier pour toi ? » glissa t’il à son oreille, l’incitant à demeurer impassible et calme lorsqu’elle désirait en l’instant tourner les lèvres pour les poser sur les siennes. Était-ce réellement raisonnable en vérité ? « Pas assez familier » songea t-elle, pas encore, trop peu. Qu’était-ce la familiarité après tout ? Était-ce de partager un repas de cette façon, de laisser son amant goûter aux mêmes mets qu’elle sans que ses lèvres ne touchent à la nourriture. Une communion des sens peu commune, qu’elle avait finit par apprécier avec le temps. Pourtant, elle se contenta de laisser ses lèvres s’étirer en un sourire pincé, lourd de sous-entendus, sans que les mots ne viennent pourtant franchir celles-ci, conservant ce silence qui valait bien tous les mots. Le poisson vint fondre sur sa langue, savoureux et délicieux, et déjà elle tentait de deviner les réactions de son vampire, d’apprécier la mimique de son visage…

L’imaginaire pourtant semblait bridée par ce carré de tissu noir, ne lui laissant que de vagues suppositions qu’elle ne pouvait vérifier. Laissant glisser la réponse à la question implicite, elle ne put pourtant s’empêcher de croire qu’Elisius était un être parfait pour lequel le monde ne semblait presque plus avoir de secrets. Et en cette impatiente seconde, elle eut cette envie de savoir, d’apprendre chaque détail de la vie de son maître, de partager ses connaissances, quelles qu’elles puissent être. « Me prendrais-tu pour un dieu ? », laissa t’il alors entendre, arrachant une légère mimique à la jeune demoiselle, cet intime mordillement de la lèvre inférieure. N’y répondant pourtant, elle laissa l’interrogation en suspens, dans cette minute fuyante… Sans doute aurait-elle eut le temps de répliquer s’il n’avait eut cette avance sur elle, « J’ai eu énormément d’années pour apprendre ce que je sais, mais le monde est si vaste, si complexe, qui pourrait prétendre savoir faire tout ce qu’il contient ? Je ne sais par exemple pas sauter en parachute, bien que la sensation doit-être intéressante. Je ne connais plus ce que l’on ressent sous l’effleurement du soleil sur sa peau, je me souviens qu’il pouvait être chaud… mais il ne l’a plus été pour moi depuis tant d’années qu’il m’arrive d’en douter. Je ne sais plus frissonner non plus… le vent pourrait être glacé qu’il me laisserait indifférent… et le mimétisme n’est rien à mes yeux. »

N’était-ce pas justement pour ces raisons que Lux ne désirait pas rejoindre les rangs des créatures nocturnes ? Elle aimait bien trop la chaleur du soleil pour songer à lui dire adieu, pas plus qu’aux sensations de chaud et de froid… Comment dire adieu à la vie pour rejoindre le monde de Dame Lune ? Par trois fois son premier vampire lui avait proposé le don obscur, à leur rencontre, à la première blessure mortelle de la belle et quelques mois avant de rencontrer Elisius. Trois refus sans appel, et qu’elle continuerait sans aucun doute de prononcer si on le lui proposait encore une fois. Quitte à étreindre la Faucheuse, mieux valait se perdre dans son souffle que d’accepter son offre. « Ne va pas t’imaginer que je considère mon état comme une malédiction, ou que de véritables regrets enlisent mes gestes. Je ne pouvais rêver mieux que de vivre l’histoire selon mes désirs, mes envies, mes passions, mes amours, et rien ne remplacera ce cadeau d’un faux dieu. » L’espace d’une seconde, la belle tiqua, à la dernière phrase, aux derniers mots… sans réellement comprendre que son vampire lui glissait là que sa condition n’était due qu’à un homme qui s’était cru au delà de l’humanité. Elle aurait eu le temps d’y songer, si un tout autre geste ne l’en avait empêché, coupant son souffle l’espace d’un instant… Un simple baiser à sa peau suffisait à la mettre dans un état second, à prier pour qu’il ne s’arrête pas à ce seul endroit mais qu’il lui vienne l’audace de dériver le long de son bras. Ses doigts délaissés vinrent d’eux-mêmes caresser ceux de son amant, à en apprendre le parfait contour, sans que pourtant, elle ne délaisse sa position…


Et en cet instant, tout lui semblait affreusement compliqué, plus encore, elle se sentait perdue dans cette confusion d’émotions, et sans doute son vampire ne pouvait-il rien faire pour l’aider si ce n’était balayer ce tout d’un revers de main. Pourquoi sa relation avec Elisius différait tant de celle avec son premier maitre ? Parce que Giddéon l’avait sauvé… parce qu’il avait prit soin d’elle comme un père le ferait avec son enfant… parce que… « T’arrive-t’il de regretter de ne pas l’avoir suivi dans sa tombe de poussière ? » Ses yeux clos conservèrent pour eux cette étincelle de surprise traversant ses pupilles uniques, mais ses doigts n’y parvinrent pas, venant solennellement se crisper sur la peau du vampire. En était-on déjà aux révélations ? Dans un semblant de honte, sa tête vint se tourner sur un côté, comme on le ferait pour fuir un regard, pour masquer un embarras. Ses lèvres marquèrent un temps d’hésitation avant qu’elle ne parvienne enfin à oser sortir cette vérité… « Ce n’était pas ce qu’il désirait… J’ai respecté sa décision. Mais j’ai songé à vous quitter de la façon la plus brutale durant les vingt premières années. » souffla-t’elle faiblement, une légère pâleur venant marquer son visage aux reflets dorés, à lui en faire comprendre que le suicide avait été une solution envisagée. « Je n’avais pas confiance en vous, et je ne voulais pas vous connaître. Encore moins céder à… » Un arrêt, une nouvelle hésitation peut-être, avant qu’un simple mouvement de tête ne l’incite à cesser ici, ne pas dévoiler ses pensées les plus intimes sans doute. « Qu’importe. Les choses ont évoluées, mes pensées sur vous de même… Et il me semble que vous n’avez pas seulement préparé du poisson si je ne m’abuse ? »

Oh qu’il serait dur de lui arracher ses plus intimes pensées, cette vérité toute nue dont elle semblait honteuse malgré elle. Le vin peut-être pourrait l’y aider, à moins que la rusée séduction n’en vienne tout simplement à bout…
Revenir en haut Aller en bas
 
 
 
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Evanescence   

Revenir en haut Aller en bas
 

Evanescence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DRAG ME TO HELL ::  :: Never Forget-